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Image d'illustration. A Lucerne, novembre 2016.
© CHRISTOF SCHUERPF

Prévoyance vieillesse

La réforme des retraites se jouera dans quelques cantons clés

Le sort de la grande réforme des rentes est plus qu’incertain. Grande inconnue: aura-t-elle la majorité des cantons, nécessaire pour adapter la TVA?

Rien n’est joué pour la réforme de la prévoyance vieillesse, promise à un résultat très serré. Le dernier sondage dévoilé mercredi matin par l’institut gfs.bern pour le compte de la SSR le confirme. Si la votation avait eu lieu début septembre, les Suisses auraient dit un petit oui à 51% à la réforme en tant que telle. Mais l’augmentation de la TVA pour financer l’AVS, également soumise au peuple, ferait un score encore plus serré. 50% des sondés y sont favorables, 45% y sont opposés et 5% ne savent pas.

Retrouvez tous nos articles sur la réforme des retraites.

Perte de vitesse

Comparé au précédent sondage publié le 18 août, le projet porté par le conseiller fédéral Alain Berset est en légère perte de vitesse. Mais le pourcentage d’indécis ne permet pas aujourd’hui de faire un pronostic clair quant au résultat final.

Lors du premier sondage: Un modeste «oui» pour la réforme des rentes, selon un sondage

D’autant plus qu’un élément sera déterminant: le changement de TVA nécessite aussi la majorité des cantons. Elle est loin d’être acquise. Dans une précédente analyse, gfs.bern pointait Bâle-Campagne, Soleure, Saint-Gall, le Valais et le Tessin comme étant susceptibles de faire basculer le résultat dans un sens ou dans l’autre. Les cantons romands de Genève, Vaud, Fribourg, Neuchâtel et le Jura seraient favorables à la réforme, ainsi que Berne, Lucerne, Zurich, les Grisons et Bâle-Ville.

La Suisse aurait ainsi ses «swing states». Mais plusieurs élus mettent en doute cette répartition géographique, basée sur un trop faible échantillon. Le conseiller national Yannick Buttet (PDC/VS) pense que son canton sera au final favorable à la réforme. «Ce ne sera peut-être pas un score mirobolant mais il ne sera pas non plus aussi serré que le montre cette enquête. Car l’opposition est contenue au Haut-Valais et à la base électorale du PLR», explique-t-il. Et de noter qu’autant la gauche valaisanne que les associations économiques cantonales sont favorables à la réforme. Pareil au Tessin où plusieurs observateurs notent que le soutien de la Lega en faveur de la réforme influencera le résultat plutôt en faveur du oui.

Par contre, un canton pourrait réserver des surprises: Genève. La gauche et les syndicats sont ouvertement opposés au projet. De même que le PLR et l’UDC mais pour d’autres raisons. «Le PDC cantonal est seul dans le camp du oui, avec la Fédération des entreprises romandes», relève le conseiller national Benoît Genecand (PLR). Le soutien de quelques figures importantes de la gauche, comme l’ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss, permettra-t-il au final de contrer le cumul des griefs? Réponse le 24 septembre.

Les partis s’alignent

Toujours est-il que dans les détails, l’institut de sondage montre que les rangs se resserrent derrière les mots d’ordre des partis. PS et Verts parviennent peu à peu à convaincre les électeurs de gauche d’approuver la réforme, malgré l’augmentation d’une année de l’âge de la retraite des femmes. Pareil pour le PLR et l’UDC, dont la campagne choc contre le projet semble porter ses fruits.

A ce stade, gfs.bern n’exclut pas du tout un vote contradictoire. Alors que les citoyens qui sont en faveur de la réforme doivent voter deux fois oui pour qu’elle passe, le sondage montre que 6% des partisans de la hausse de la TVA sont opposés à la réforme et que 6% des partisans de la réforme sont contre la hausse de la TVA. Schizophrène? Le conseiller national Daniel Brélaz (Vert/VD) prédit une issue digne d’un polar, à l’image des débats parlementaires. «Et je peux parfaitement imaginer que le peuple dise un double oui mais que la réforme échoue faute de majorité cantonale», indique l’ancien syndic de Lausanne.

Benoît Genecand table aussi sur un résultat final très serré. Ce qui peut faire la différence? «Il ne faut plus qu’Alain Berset s’exprime. Quand il le fait, il est quasi imbattable avec un argument qui fait mouche auprès des indécis: autant cette réforme-là que rien du tout», lance-t-il.

Dossier
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