Contrairement au projet d'agglomération de Lausanne-Morges, celui de la région franco-valdo-genevoise est prêt dans les délais pour être présenté à la Confédération. Des dizaines de projets répartis sur toute la Suisse doivent être soumis en vue d'obtenir un soutien financier pour les quinze prochaines années. Hier, les autorités de la Région Rhône-Alpes et des cantons de Vaud et de Genève se sont rassemblées à Genève pour signer la Charte d'engagement du projet d'agglomération. Ce document permet de fixer les lignes directrices d'un chantier qui doit se prolonger jusqu'en 2030.

Les Français vont plus loin

Pour prétendre à une aide de la Confédération, le projet doit répondre à des critères en termes d'urbanisation, de mobilité et d'environnement. L'agglomération franco-valdo-genevoise a dû intégrer d'autres dimensions auxquelles les autorités genevoises et vaudoises n'avaient pas pensé. «Nos voisins français ont mis l'accent sur des thématiques qui vont plus loin que ce qui est demandé par la Confédération. Nous avons donc dû élargir notre démarche en prenant en compte le quotidien de la population et c'est ce qui fait l'originalité de notre dossier», explique le conseiller d'Etat genevois Robert Cramer. En effet, huit thématiques touchant les politiques de services complètent la réflexion autour de la cohabitation des 800000 résidents qui vivent dans l'agglomération. Ainsi, le social, la formation, la culture, la santé, l'environnement, l'agriculture, l'économie et le logement seront abordés. «Des centaines de milliers de gens passent la frontière chaque jour. Il y a une dimension transfrontalière aux problèmes causés par tous ces déplacements. La collaboration et la coordination de nos actions sont importantes. Tout le monde sera gagnant», assure Robert Cramer.

Réparti sur deux pays, deux cantons, deux départements et une région, le projet d'agglomération est un vaste chantier qui doit répondre à de multiples attentes. Il faudra attendre deux ans pour que le projet soit évalué et, d'après le conseiller d'Etat, «il est prématuré pour dire si une somme sera allouée par la Confédération. Ce qui est important, c'est que cette échéance a servi de stimulant pour lancer la discussion et mettre en route le projet d'agglomération».