«La région lémanique n’a pas été entendue»

«Le 9 février 2014, le peuple suisse n’a pas dit non à la prospérité!» Pour le conseiller d’Etat vaudois Philippe Leuba, responsable de l’Economie, le texte du Conseil fédéral est d’une rigidité excessive. Il va même selon lui au-delà de l’initiative, tant il prend insuffisamment en compte les intérêts globaux de la Suisse sur le plan économique. «Avec le franc fort, alors que chacun prétend qu’il faut faciliter la vie des entreprises, rien dans le projet du Conseil fédéral ne va dans ce sens», déplore Philippe Leuba.

Son homologue genevois, Pierre Maudet, est déçu de constater «qu’il a fallu huit mois au gouvernement suisse pour confirmer l’approche stricte annoncée en juin dernier. «On prolonge l’ambiguïté, on prolonge l’impasse», déplore-t-il.

Ces derniers mois, les deux cantons ont plaidé ensemble auprès du parlement fédéral et dans les groupes de travail de la Confédération pour que soient pris en compte les besoins spécifiques de la région lémanique. A eux deux, Vaud et Genève contribuent pour 16% au PIB suisse et pour 23% à l’impôt fédéral direct. Force est de constater que le message n’a pas été entendu, ou très peu. Des compétences cantonales pour gérer en souplesse les contingents? Aucune garantie à ce stade. Une catégorie particulière pour les frontaliers, pour le personnel des organisations internationales et ONG? Rien n’a été retenu. Seule petite satisfaction: la préférence nationale s’appliquera moins rigoureusement pour les secteurs où la pénurie est avérée.

Et l’appel de Johann Schneider-Ammann à favoriser l’intégration au travail des femmes, des retraités ou des handicapés? «Sympa, mais en décalage avec la réalité», juge Pierre Maudet. La région lémanique a besoin de compétences hautement qualifiées qu’on ne peut ­satisfaire sur le seul marché intérieur.