Les régions rurales, les laissées-pour-compte du canton de Berne? Le rejet du crédit pour le Tram Berne-Ouest est apparu à certains comme un camouflet envers la trop grande importance accordée au centre par rapport aux régions périphériques. Alors que le revenu cantonal bernois et le produit intérieur brut (PIB) sont inférieurs à la moyenne suisse, des mesures s'imposent pour développer les atouts et les potentiels du canton et «poser les jalons d'un renforcement durable de l'économie», a souligné mardi Elisabeth Zölch-Balmer, directrice de l'Economie publique. Alors que les priorités vont se concentrer sur les centres et les axes, et que la stratégie de croissance doit être débattue au Grand Conseil la semaine prochaine, la conseillère d'Etat a présenté le plan de bataille pour que les régions ne se retrouvent pas sur le carreau.

Concrètement, la Direction de l'économie publique et la Direction de la justice et des affaires communales ont mandaté des groupes de travail sur le mode de celui présidé l'année dernière par l'industriel Rolf Bloch pour le Jura bernois (LT du 14.08.2003).

«Collaboration directe»

«C'est la conséquence de ce qui va se passer sur le plan fédéral, estime ce dernier. La Confédération va se décharger sur les cantons, qui vont concentrer les moyens financiers sur les agglomérations et les centres et voudront connaître les priorités des régions périphériques.»

«Il s'agit de mettre en place une collaboration directe avec les régions rurales, explique Elisabeth Zölch-Balmer. Elles doivent se demander quels sont leurs atouts, leurs défis et les mesures qu'elles peuvent prendre, et proposer des mesures concrètes dans les domaines tels que les communications, la santé, l'éducation, le développement régional, le tourisme… afin de définir des priorités d'action. Les atouts et les chances de chaque région, l'Oberland, l'Emmental, la Haute-Argovie, le Jura bernois, sont différents. Ainsi, l'Emmental doit se demander si sa force repose dans le tourisme, dans l'agriculture, dans la santé… Afin de définir un catalogue de mesures hiérarchisées.»

Une manière pour le canton de se décharger de ses responsabilités? «Le canton ne va pas dire: votre futur est là ou là. Au contraire, les régions doivent se poser la question pour elles-mêmes. Il est plus difficile d'agir que de se plaindre», rétorque la conseillère d'Etat.

Pour présider ces groupes, qui seront composés d'acteurs du monde de l'économie et de la politique, chapeautés par un universitaire, des personnalités «à la grande crédibilité, liées à leur région», ont été choisies. Ainsi, l'entrepreneur Hermann Moser, maire de Lyss, présidera le groupe Région économique de Bienne-Seeland, tandis que Walter Steuri, directeur des Chemins de fer de la Jungfrau, chapeautera le groupe de l'Oberland bernois. D'ici à un an, des propositions devront être faites. Rolf Bloch, lui, estime simplement que «si on ne fait rien, le nouveau système économique verra les régions, non pas périr, mais pécloter. Et le Jura bernois n'a rien d'extraordinaire par rapport aux autres régions périphériques. Quand il y a un changement, il faut s'adapter, sans peur ni regret.»