A l'initiative du préfet radical de la Glâne, Jean-Claude Cornu, une «Conférence des régions du canton de Fribourg» s'est tenue mardi passé à Romont. Une première réunissant les différentes associations économiques des districts, ainsi que l'ensemble des préfets. Objectif: déterminer quel rôle il sera possible de jouer dans le cadre de la nouvelle politique régionale (NPR). Jugée satisfaisante, l'expérience sera reconduite, probablement à raison d'une réunion par trimestre.

Le Temps: Une Conférence des régions du canton de Fribourg, cela a-t-il vraiment un sens?

Jean-Claude Cornu: La question s'est effectivement posée. Mais, lors de notre réunion, l'enthousiasme des membres a démontré que nous devons mener ce genre de réflexion commune. Avec la NPR, les régions, si elles veulent obtenir quelque chose, devront apprendre à se battre et démontrer leur volonté de développer des projets. C'est ce qui a motivé les préfets à élaborer cette plateforme d'échanges. Par ce moyen, nous voulons être un partenaire reconnu comme tel, et défendre nos intérêts en partageant nos expériences.

- Dans la perspective de la nouvelle politique régionale, n'est-ce pas le canton, dans son entier, qui devrait former une seule entité pour défendre ses intérêts au plan national?

- On peut défendre cette vision, c'est vrai. Il n'empêche que ce qui a été développé ces dernières années dans les régions est loin d'être insignifiant. Leur rôle a été essentiel, par exemple en Gruyère, où ce type de structure a permis de fédérer les communes autour des remontées mécaniques. Il paraît certes justifié de nourrir des projets d'envergure cantonale, voire supracantonale; mais on ne peut pas ignorer les perspectives régionales à une échelle plus restreinte.

- Votre district de la Glâne s'entremêle avec la Broye vaudoise, Romont est à un jet de pierre de Moudon... Ne faudrait-il pas dépasser la dimension exclusivement cantonale?

- Cette réflexion viendra après. Du reste, je le regrette un peu. En élaborant la NPR, les Chambres fédérales ont hésité à sortir du cadre strictement cantonal, mais finalement, elles ne l'ont pas fait. Dans un premier temps, notre action doit donc s'inscrire dans cette logique-là. Mais, par la suite, les projets qui auront le plus de chance d'aboutir, à mon avis, seront ceux qui vont au-delà des frontières traditionnelles.

- Cette problématique touche de plein fouet les districts fribourgeois. Ceux-ci semblent aujourd'hui bien petits. Ne gagnerait-on pas en efficacité en les regroupant pour former trois régions?

- Je ne suis pas persuadé que cette idée soit fondée. On peut imaginer de constituer d'autres références que les districts actuels mais l'idée de couper en trois le canton me paraît à la fois simple et dépassée. Les problèmes de la Broye, qui formerait un hypothétique centre avec la Sarine, sont loin d'être les mêmes que ceux de l'agglomération fribourgeoise. Cela dit, on n'évitera pas un débat sur l'avenir des districts ces prochaines années.

- Autre question régionale: Fribourg, à son échelle, doit affronter des problèmes de ville-centre. Que peuvent faire les autres parties du canton pour l'aider?

- La Confédération a écarté l'idée d'inclure la problématique des centres urbains dans le cadre de la NPR. Pour ce genre de problèmes, il existe d'autres outils, comme la péréquation intercommunale et la répartition des tâches. Fribourg est certes inclus dans notre réflexion, mais ce n'est pas la Conférence des régions qui pourra régler ses défis de ville-centre.