«Le débat de fond doit primer sur les polémiques»

Pierre-Yves Maillard peine à comprendre la polémique au sujet de la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS). Le conseiller d’Etat vaudois socialiste juge «plus intéressant de coordonner les régimes sociaux fédéraux et l’aide sociale afin d’offrir de la motivation et des chances de s’en sortir aux bénéficiaires de l’aide sociale». Le magistrat regrette le caractère émotionnel du débat actuel, qui s’appuie sur l’exposition médiatique de cas limites. Pierre-Yves Maillard souhaiterait que «l’on traite de l’aide sociale en travaillant le dossier sur le fond».

Il est certes toujours possible de réviser les normes édictées par la CSIAS, normes qui définissent un cadre non contraignant pour les autorités cantonales et municipales qui allouent les aides aux plus démunis. Mais pour l’élu, il s’agit de «réformer l’ensemble des prestations sociales afin de promouvoir mieux l’intégration professionnelle et la formation initiale». Pierre-Yves Maillard cite en exemple les mesures lancées par le canton de Vaud. Que ce soit en faveur des jeunes précarisés en formation ou des familles dépourvues de moyens suffisants malgré un emploi. Le ministre de la Santé et du social évoque également les projets pilotes développés à Fribourg ou à Lausanne, qui intègrent l’action des services sociaux et des offices de placement. Le but étant de mieux articuler leurs interventions de manière à faciliter le retour au travail des personnes à l’aide sociale, souvent depuis longtemps. Population qui tend à augmenter au fil des ans, selon les statistiques.

Finalement, face à une harmonisation nationale des pratiques de l’aide sociale hautement improbable en raison de fortes résistances politiques surtout en Suisse alémanique, Pierre-Yves Maillard suggère de répartir les coûts entre canton et communes sans rapport avec la distribution géographique des bénéficiaires de l’assistance. A l’image de ce que font déjà quelques cantons, dont Vaud.

Dans la même optique, Hugo Fasel, président de Caritas Suisse, propose une nouvelle péréquation des dépenses sociales avec la contribution de la Confédération pour dépasser l’impasse présente.