justice

Relais libyens de Nicolas Sarkozy: perquisition au domicile vaudois de Jean-Charles Brisard

Le juge français Serge Tournaire cherche des preuves d’un éventuel financement de Nicolas Sarkozy par la Libye de Kadhafi auprès de l’expert antiterroriste. Une quinzaine de policiers suisses et français ont été mobilisés

Perquisition chez un expert antiterroriste français

Justice L’enquête sur le financement libyen de Nicolas Sarkozy s’étend en Suisse

Le domicile vaudois de l’expert antiterroriste Jean-Charles Brisard a été perquisitionné fin mars par le juge d’instruction français Serge Tournaire, qui enquête sur un hypothétique financement libyen de Nicolas Sarkozy en 2007, a appris Le Temps. Le magistrat, qui agissait en Suisse sur la base d’une commission rogatoire française, était accompagné d’une quinzaine de policiers suisses et français.

Pourquoi Jean-Charles Brisard, régulièrement consulté par les médias pour ses analyses de la menace djihadiste, se retrouve-t-il ciblé dans cette enquête? «Je connaissais le médecin personnel de Ziad Takieddine», un homme d’affaires qui a servi d’intermédiaire dans des contrats d’armement français, explique Jean-Charles Brisard. Ce médecin lui avait affirmé que la Libye du colonel ­Kadhafi aurait financé la campagne de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007.

Ces informations ont ensuite été publiées par le journal en ligne Mediapart . «Je n’ai jamais cherché à en savoir plus», précise l’expert antiterroriste, qui confirme que «quinze personnes ont débarqué [chez lui] un matin en Suisse». Sa société d’intelligence économique, JCB Consulting International, est basée à Préverenges.

Jean-Charles Brisard est aussi une connaissance d’Alexandre Djouhri, un intermédiaire français cité dans plusieurs affaires politico-judiciaires, dont le domicile genevois a été perquisitionné fin mars (LT du 31.03.2015). Selon le procureur genevois Jean­Bernard Schmid, ces perquisitions quasi simultanées à Genève et Lausanne sont liées «au même complexe de faits impliquant de la corruption». Quant à la présence d’un juge et de policiers français sur sol suisse, elle est selon lui «totalement normale et routinière»: «J’ai autorisé leur participation aux perquisitions mais c’est bien la justice genevoise qui les dirigeait», explique-t-il.

«Relativement peu de choses à charge»

Le procédé est resté en travers de la gorge de Marc Henzelin, l’avocat genevois de Jean-Charles Brisard. Il juge l’irruption de forces de police binationales chez son client «totalement ridicule et disproportionnée», car l’expert antiterroriste était «prêt à coopérer» – il était simplement absent de son domicile lorsque les enquêteurs sont venus chez lui.

Selon lui, les juges français qui instruisent l’affaire du financement libyen «essaient de lancer des filets très larges, parce qu’ils ont relativement peu de choses à charge».

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