Revue de presse

Les relais suisses des passeurs

Dans la presse ce dimanche, une grande enquête sur les passeurs, qui transportent les réfugiés d’Afrique vers l’Europe. Mais aussi, la libération d’un homme condamné pour soutien à l’Etat islamique, ou l’infidélité de Christophe Darbellay

  • L’Italie tente de démanteler les réseaux de passeurs

Le «SonntagsZeitung» et le «Matin dimanche» consacrent une vaste enquête à huit hommes, parmi les plus grands trafiquants humains agissant en Europe. Ils se sont réparti la route des migrants entre l’Erythrée et Chiasso, au Tessin. Un business lucratif: les passeurs réclament entre 5000 et 9500 euros par personne pour le voyage. Un bateau transportant des réfugiés de la Libye vers la Sicile peut rapporter jusqu’à 80 000 dollars. Les journalistes se fondent sur de documents de l’unité antimafia de la police italienne. L’enquête policière, nommée opération Glauco, a démarré en 2013 après un énième drame en mer. Un bateau, surchargé avec 521 personnes à bord, avait coulé, faisant 366 morts. Les trafiquants «empochent des millions et utilisent la Suisse pour y mettre à l’abri leurs femmes, leurs enfants et leur fortune», écrit le «Matin dimanche». Certains d’entre eux ont déposé une demande d’asile en Europe. L’Italie traite désormais les réseaux de passeurs comme des organisations criminelles et déploie ses armes antimafia pour lutter contre ce trafic. Mais, jusqu’ici, aucune procédure n’a été ouverte en Suisse. Selon l’ONU, plus de 10 000 personnes sont mortes noyées dans la Méditerranée depuis 2014.

  • Les salaires des médecins: l’un des secrets les mieux gardés en Suisse

Les deux ministres de la santé Genevois et Vaudois Mauro Poggia et Pierre-Yves Maillard haussent le ton: l’opacité règne sur les rémunérations des médecins et c’est mauvais pour la gestion des coûts de la santé. «On nous demande de piloter un avion avec un bandeau sur les yeux», déplore Mauro Poggia dans le «Matin Dimanche». Ni l’Office fédéral de la santé publique, ni les assureurs, ni la Fédération des médecins suisses ne sachant ce que gagne un praticien, personne ne peut évaluer à quel point les revenus des médecins pèsent dans l’explosion des coûts de la santé. Plusieurs acteurs de la santé pointent du doigt les revenus des spécialistes, ophtalmologues ou radiologues, trop élevés par rapport à ceux des généralistes. Les élus font des propositions pour limiter la marge de manœuvre des médecins: plafonnement des salaires, forfaits par pathologie. Selon la seule étude existant à ce sujet, qui date de 2009, le revenu moyen annuel d’un praticien indépendant se monte à 190 400 francs.

  • Le vice-président de Roche soutien l’initiative économie verte

L’initiative «Pour une économie verte» gagne un allié de poids: André Hoffmann, vice-président du groupe pharmaceutique bâlois Roche et petit-fils de son fondateur. «Je suis convaincu par cette initiative. Elle permet de créer les conditions pour une économie plus durable», dit-il. Il reconnaît que les entreprises libérales comme Roche n’aiment pas voir l’Etat leur imposer des prescriptions. Mais à ses yeux, l’économie en Suisse n’échappera pas à «une certaine régulation». Le patron déplore le «manque de courage et de confiance» des associations économiques qui rejettent ce texte. Car André Hoffmann n’a pas perdu de vue l’intérêt financier de la «vague verte»: «La Suisse ne peut se permettre de passer à côté de la révolution des technologies propres», affirme-t-il au journal SonntagsZeitung.

Lire aussi: L'«économie verte» oppose scientifiques et patrons de PME

  • Un djihadiste dans la nature

Le même hebdomadaire se penche sur le cas de Wesam, reconnu coupable de soutien et participation à l’organisation terroriste Etat islamique, qui a retrouvé sa liberté mercredi dernier. Le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone avait condamné cet Irakien de 32 ans à trois ans et six mois de privation de liberté en mars. Le 12 juillet, la police fédérale (Fedpol), jugeant le détenu dangereux, a ordonné son expulsion de Suisse. L’office de migration du canton d’Argovie, où il résidait au moment de son arrestation, prononce alors une détention provisoire de trois mois en attente de son expulsion. Une décision contre laquelle l’avocat de Wesam a fait recours, obtenant gain de cause devant le Tribunal fédéral (TF). Les juges de Lausanne estiment qu’il n’existe pas de base légale pour maintenir le jeune homme en détention en attendant son expulsion. L’Irakien s’oppose également à son renvoi de Suisse, mais le Département fédéral de justice et police n’a pas encore tranché sur cette question. Les présidents de l’UDC, Albert Rösti, dénonce les lacunes de la loi et annonce qu’il compte déposer un postulat au parlement pour exiger le renvoi de djihadistes condamnés.

Lire aussi: Peines fermes contre des membres de l’Etat islamique

  • Darbellay demande pardon à ses électeurs pour une infidélité conjugale

L’ancien président du PDC, le Valaisan Christophe Darbellay, a conscience de l’impact que son comportement privé peut avoir sur sa campagne politique. Dans le «Sonntagsblick», il demande pardon à ses électeurs pour avoir trompé sa femme lors d’une soirée à Berne, en décembre dernier. Un écart qui aurait pu passer inaperçu, s’il n’avait eu pour conséquence la naissance d’un enfant, mardi dernier. Le politicien, déjà père de deux garçons et une fille, s’épanche sur cette affaire dans l’hebdomadaire, sans doute une manière de devancer les rumeurs. «J’ai fait une grosse erreur, dit-il. Et ce fut pour moi extrêmement difficile d’avouer ce qu’il s’est passé à ma femme. Mais, bien que je l’aie blessée profondément, elle a décidé d’affronter cette situation difficile à mes côtés.» L’élu explique avoir l’intention de s’occuper de son nouveau-né, qu’il a d’ailleurs reconnu officiellement, et l’entretenir financièrement. Au cours des dix années passées à la tête du PDC, Christoph Darbellay, aîné d’une fratrie de cinq garçons, a fait de son parti le défenseur de la famille. Il fait figure de favori aux élections au Conseil d’Etat valaisan, qui se tiendront en mars 2017. Son épouse, Florence Carron Darbellay, s’est engagée en politique à l’occasion des élections communales qui auront lieu en octobre 2016. Elle brigue un siège à la municipalité de Martigny-Combe.

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