On peut favoriser la reprise économique sans renoncer aux objectifs sociaux. C'est le credo du groupe socialiste des Chambres fédérales, qui lançait vendredi, à Berne, un appel aux partis de droite afin de mener une action concertée en faveur de la croissance. Au même moment, à Zurich, les dirigeants d'economiesuisse, l'organisation faîtière des entreprises, qui inspire largement la politique économique de l'UDC et du Parti radical, rappelaient qu'à leurs yeux, il n'y aurait pas de possibilité de sortir de la spirale dépressionnaire sans diminution de la quote-part fiscale de l'Etat, donc sans allégement substantiel du budget et sans amélioration de la compétitivité fiscale de la Suisse. La thèse du «démantèlement de l'Etat» est un mythe, martèle economiesuisse, qui estime que plus de 50% du produit intérieur brut de la Suisse est redistribué par l'Etat et échappe ainsi à la consommation. Une meilleure répartition du bien-être, une hausse des revenus, la suppression des cartels et une politique monétaire plus favorable aux PME favoriseraient la reprise économique sans renoncer aux objectifs sociaux, affirme le PS. Même si la gauche «tend la main aux réformistes des partis de droite», les visions économiques des uns et des autres sont encore bien éloignées.