MPC

La relation est «altérée» entre Michael Lauber et ses surveillants

Le procureur général de la Confédération a été jugé plutôt favorablement par les deux Commissions de gestion du parlement, qui ont transmis leur rapport à la Commission judiciaire. Celle-ci tranchera le cas mercredi

Le suspense autour de la réélection de Michael Lauber se poursuit. Alors que la Commission judiciaire décidera mercredi si elle recommande – ou non – la réélection du procureur général à la tête du Ministère public (ou si elle la reporte à septembre), les deux Commissions de gestion du parlement rendaient ce mardi leurs conclusions sur son cas. Si elles n’ont pas trouvé de problème sérieux qui empêcherait la réélection du Bernois, elles ont mis en évidence une «compréhension divergente» sur la manière de conduire les affaires au MPC.

«Ce n’est pas une chasse aux sorcières»

Devant un parterre médiatique fourni, les présidentes des deux Commissions de gestion, Doris Fiala (PLR/ZH) et Anne Seydoux-Christe (PDC/JU), ont été concises. «Aucune constatation ne met en cause l’aptitude professionnelle de Michael Lauber et rien ne révèle non plus qu’il aurait menti au sujet de la troisième rencontre présumée avec le président de la FIFA», affirment-elles. Quant aux demandes de récusation déposées auprès du Tribunal pénal fédéral en raison de ces entrevues (deux en 2016 et une présumée en 2017), «c’est l’instance judiciaire qui est compétente en la matière», se sont-elles bornées à indiquer.

Après que l’Autorité de surveillance du MPC eut annoncé vendredi dernier l’ouverture d’une enquête disciplinaire à l’encontre du procureur général, les deux politiciennes ont parlé de «confiance altérée» entre Michael Lauber et l’organisme de surveillance et annoncé l’ouverture d’une «inspection» pour tenter de la rétablir. En attendant la décision de la Commission judiciaire, elles ont insisté sur la nécessité de s’en tenir aux faits et de rester objectif: «Si l’enquête était arrivée en début de législature, Michael Lauber continuerait son travail», a par ailleurs relevé Doris Fiala, soulignant le hasard défavorable du calendrier pour le procureur en fin de mandat. «Ce n’est pas une chasse aux sorcières», ont encore insisté les deux présidentes de commission, appelant à une «rapide sortie de crise, laquelle profite avant tout aux malfaiteurs».

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