Le retour de la gauche française au pouvoir pourrait ménager des accès inédits à la diplomatie helvétique – à condition qu’elle sache exploiter son carnet d’adresses. Fidèle des fidèles de François Hollande, François Rebsamen , maire de Dijon, possède ainsi la nationalité suisse. Président du groupe socialiste au Sénat, il reste en course pour le Ministère de l’intérieur malgré un plaidoyer sur la dépénalisation du cannabis.

Celui qui fut l’efficace porte-parole de François Hollande durant la campagne présidentielle, Manuel Valls , a aussi des origines suisses: sa mère vient de Biasca (TI) et son oncle est l’architecte tessinois Aurelio Galfetti. Réformiste longtemps situé à droite du PS, Manuel Valls est aujourd’hui au cœur du dispositif socialiste. On parle de lui pour l’Intérieur, voire – de façon plus improbable – comme d’un premier ministre possible.

L’heure des responsabilités majeures pourrait enfin avoir sonné pour Pierre Moscovici . Il entretient des relations de voisin proche avec la Suisse – les socialistes jurassiens – en tant que député socialiste du Doubs et président de l’agglomération de Montbéliard. Son nom est évoqué pour les Affaires étrangères, mais des «poids lourds» plus expérimentés comme Laurent Fabius pourraient lui barrer la route.

Reste l’inconnue Arnaud Montebourg . L’homme qui, en 2007, qualifiait la Suisse de «verrue» et la menaçait de blocus s’est beaucoup assagi. Son soutien précoce et décisif à François Hollande durant les primaires socialistes lui donne une place de choix dans le nouveau pouvoir. A quel poste? Certains le verraient bien dans un super-ministère économique – pourquoi pas à la «production».