La tête de liste du Parti socialiste du Valais romand (PSVr) pour les élections fédérales? Mathias Reynard. Le candidat socialiste au Conseil des Etats? Encore Mathias Reynard. La personnalité la plus en vue pour défendre le siège du PS au Conseil d’Etat valaisan en 2021? Toujours Mathias Reynard. En huit ans, depuis son élection à la Chambre du peuple en 2011, le Saviésan est devenu l’homme fort du PSVr. Hyperactif, omniprésent dans les médias, il a su faire sa place. Au détriment d’autres personnalités du parti?

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«Les grands noms prennent toute la place», reconnaît Barbara Lanthemann. La présidente du PSVr ajoute qu’il y a «une sorte de loyauté qui fait que tant que la place est prise, on ne se lance pas». Résultat: la relève se décourage et le parti se retrouve en manque de candidats potentiels. La liste proposée par le PSVr pour l’élection au Conseil national, avalisée samedi lors du congrès du parti, en est la preuve. Trois des sept candidats n’ont jamais exercé de mandat politique. Pour deux d’entre eux, il s’agit même de la première campagne.

Une situation qui n’est pas inconnue

Cette situation n’est pas une nouveauté pour les socialistes du Valais romand. La problématique du manque de relève est déjà apparue il y a quelques années, lorsque Stéphane Rossini siégeait sous la coupole fédérale. La conjoncture actuelle résulte d’ailleurs de la situation vécue à l’époque. «Si nous en sommes arrivés là, c’est que nous n’avons pas fait le travail il y a une quinzaine d’années. C’est le problème lorsqu’on se focalise, malgré nous, sur une ou deux personnes», explique Barbara Lanthemann.

Pourtant, c’est ce que semble répéter le Parti socialiste du Valais romand avec Mathias Reynard. «Pour éviter que la situation ne se reproduise d’ici à quelques années, il faut agir maintenant. L’apport de nouvelles personnalités sur notre liste prouve que nous le faisons», souligne Barbara Lanthemann.

Mathias Reynard, lui, analyse la situation sous un autre angle. «Nous sommes dans la même logique que tous les partis qui n’ont qu’un seul siège à responsabilités, relève-t-il. Pour inverser cette tendance, le PSVr doit gagner un siège que ce soit au National, aux Etats ou au gouvernement cantonal.» Deux personnalités seraient ainsi sur le devant de la scène et le problème de transition serait résolu. «C’est ce qui s’est passé en 2011. Nous avons obtenu un deuxième siège au Conseil national, ce qui m’a permis de siéger à Berne et d’assurer la transition après le départ de Stéphane Rossini.»

Réfléchir à l’après-Reynard

Mais qu’il glane ou non ce deuxième siège à responsabilités, le PSVr doit réfléchir à l’après-Reynard. «Nous y sommes obligés, car il peut disparaître très rapidement de la scène politique», confesse Barbara Lanthemann. A 31 ans, le conseiller national devrait, sans aucun doute, être confirmé cet automne dans ses fonctions pour sa troisième législature. «Je n’aime pas les dérogations pour un quatrième mandat, admet la présidente du PSVr. Elles incitent d’autres personnalités à renoncer à une candidature, étant donné que la place est déjà prise.» Ce serait alors le dernier pour Mathias Reynard à la Chambre basse.

S’il n’est pas élu aux Etats – ce qui est fort probable –, ni au gouvernement cantonal en 2021, la fin de la carrière politique de Mathias Reynard pourrait sonner en 2023. Il serait alors âgé de 35 ans. «Je n’ai aucun souci avec ça», répond le principal intéressé. «C’est pour cela qu’il faut compter sur la relève et ne pas protéger les candidats», insiste sa présidente, qui n’hésite pas à citer une demi-douzaine de noms, tous issus des Jeunesses socialistes du Valais romand (JSVr), lorsqu’on lui demande qui sera le prochain Mathias Reynard.

Barbara Lanthemann n’a donc pas d’inquiétude pour le futur. Elle est convaincue que «si le parti donne la place aux gens, ils s’affirmeront». Comme l’a fait un certain Mathias Reynard, que peu de monde connaissait au moment de son élection en 2011.