Seul élu de la gauche dure au sein de l'exécutif, Rémy Pagani, 54 ans, a toujours dit qu'il n'adopterait pas l'attitude policée qui sied à la fonction de magistrat. Résultat, l'ancien syndicaliste continue à manifester dans la rue, embarrasse ses collègues par certaines prises de position, et n'hésite pas à briser la collégialité. Avec des conséquences parfois fâcheuses pour la Ville, comme lorsque l'élu d'A Gauche Toute! a clamé son opposition au projet d'agrandissement de l'OMC. Mis sous tutelle par ses pairs, il n'en reste pas moins incontrôlable.

S'il crispe ses collègues, Rémy Pagani a su se faire apprécier des élus du Municipal qui saluent son sens du dialogue et du compromis. C'est que l'édile n'en est pas à un paradoxe près: méfiant à l'égard du secteur privé au point de faire la fine bouche lorsque la Fondation Wilsdorf offre 10 millions pour bâtir un pont, il plébiscite pourtant le partenariat public-privé pour construire du logement social en ville. Mais alors qu'il s'acharne à développer une politique du logement en opposition avec celle du canton qu'il juge antisociale, Rémy Pagani risque de négliger ce qui sera pour lui la grande affaire de cette législature: le projet de réaménagement de la Rade, qui s'est déjà trop fait attendre.