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Rémy Pagani, un magistrat encore et toujours décrié

La gestion des grands travaux de la Ville par le magistrat d’Ensemble à gauche agace plusieurs élus.Par son style politique, l’édile fige les fronts

Rémy Pagani, un magistrat encore et toujours décrié

Genève La gestion des grands travaux de la Ville par le magistrat d’Ensemble à gauche agace plusieurs élus

Par son style politique, l’édile fige les fronts

Conseiller administratif de la Ville de Genève depuis 2007, élu d’extrême gauche, député au Grand Conseil et ancien secrétaire permanent du Syndicat des services publics, Rémy Pagani est un homme politique atypique. «Un magistrat, alors arrivé au pouvoir, qui n’a pas su se débarrasser de son passé militant», assurent ses détracteurs. «Au contraire, un homme de conviction», répliquent ses fidèles partisans. Chargé des Constructions et de l’aménagement, l’édile occupe le département le plus exposé, s’agissant de celui qui travaille pour tous les autres. Ecoles, crèches, parc locatif de la municipalité, infrastructures sportives et culturelles, rien ne se construit, rien ne se rénove sans le presque sexagénaire.

Depuis plusieurs mois, les grands projets portés par le conseiller administratif (lire ci-dessous) se retrouvent sous le feu des médias et des critiques. «Rémy Pagani navigue à vue», accuse par exemple Alexandre Wisard, ancien président de la Commission des travaux et des constructions. Le conseiller municipal écologiste réprimande le magistrat pour son manque de concertation avec les partenaires concernés qui conduit, selon lui, à devoir constamment modifier les projets en cours. «J’ai également l’impression que le magistrat gère ses dossiers de manière approximative, renchérit le démocrate-chrétien Alain de Kalbermatten. Il ne semble pas maîtriser toutes les informations, ou alors en tait volontairement, nous ne le savons pas. La certaine compréhension qui prévalait lors de la première législature n’existe plus.»

Cette méfiance des élus, devenue entre-temps défiance, prend aujourd’hui de l’ampleur. «La première législature de Rémy Pagani s’inscrivait dans une période financièrement faste pour la municipalité, dans l’absence de grands projets coûteux», avance le conseiller municipal Adrien Genecand.

Piqué au vif, l’intéressé ne s’étonne pas des reproches qui lui sont faits, «surtout à la veille d’enjeux électoraux» qui se tiendront en 2015. «Quant aux critiques récurrentes sur l’état des finances publiques, elles n’ont pas changé depuis mon entrée en fonction. Les élus font preuve de catastrophisme. Surtout que je n’ai pas dépassé les budgets que le Municipal m’avait fixés», assure Rémy Pagani. L’élu d’Ensemble à gauche s’étonne, par contre, que l’on vienne lui reprocher de vouloir trouver des solutions. «J’ai quand même été élu pour cela. Et j’en suis très heureux.»

Bête noire des promoteurs immobiliers lorsqu’il s’agit de ­s’opposer à des surélévations d’immeuble – «autour d’une vingtaine», assure l’intéressé –; défenseur des minorités lorsqu’il s’agit de lutter contre une extension en surface de la gare Cornavin, Rémy Pagani doit faire face depuis 2011 à une nouvelle majorité de droite très fragile au sein du Conseil municipal. «Les fronts se sont durcis, analyse Nicole Valiquer Grecuccio, actuelle présidente de la Commission des travaux. Nous avons tendance à tout vouloir politiser ce qui ne l’est pas», regrette la socialiste. «Au contraire, le magistrat paie comptant sa manière de procéder», rétorque Adrien Genecand.

La méfiance des élus, devenue entre-temps défiance, prend aujourd’hui de l’ampleur

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