L’image marquera à jamais l’histoire du pays. Des parlementaires, assis à 2 mètres les uns des autres, dans une immense halle d’exposition, s’exprimant dans des micros recouverts d’un plastique. Ni les guerres, ni les épidémies, ni les catastrophes naturelles n’avaient nécessité une telle délocalisation, a rappelé la présidente de l’Assemblée fédérale, Isabelle Moret. A crise exceptionnelle, situation extraordinaire.

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Cette session a nécessité une organisation inhabituelle et coûteuse. L’adage n’a jamais été aussi juste: la démocratie n’a pas de prix. Une telle dépense se justifie totalement car elle marque la fin d’un régime spécial, même si le droit d’urgence demeure.

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Désormais, le Conseil fédéral n’assume plus seul les responsabilités politiques et la pression se déplace sur ce nouveau parlement issu des élections fédérales d’octobre. Plus jeune, plus féminin, plus équilibré politiquement, à lui de prouver qu’il est capable de dépasser les joutes orales stériles pour relancer la Suisse.

Au parlement de jouer

Symboliquement, cette date du 4 mai s’inscrit dans le retour à la normalité ou plutôt à la création d’une nouvelle normalité. Ce jour touche moins la population dans sa vie quotidienne que la réouverture des écoles ou des commerces prévue lundi prochain. Toutefois, un contre-pouvoir fort est une condition sine qua non au bon fonctionnement de la démocratie.

Le Conseil national s’est tout de suite montré exemplaire en soutenant les importants crédits sollicités par le gouvernement et en allant même plus loin que lui, acceptant très largement un montant supplémentaire de 100 millions de francs pour les crèches. Au Conseil des Etats d’approuver, à son tour, cette aide essentielle pour la pérennisation de l’accueil extra-familial.

Retour aussi des cantons

Cette renaissance démocratique passe aussi par les cantons. A BernExpo, ils sont représentés par les conseillers aux Etats. Dans le redémarrage de la société, leur rôle est essentiel; ils organisent, par exemple, le retour sur les bancs d’école de milliers d’élèves. Dans les cantons aussi, c’est le retour des institutions, puisque les grands conseils recommencent à siéger.

Conseil fédéral, parlements, cantons, société civile, tous ces acteurs doivent dessiner la Suisse de demain, plus créative, plus solidaire et qui refuse d’opposer économie et santé publique.