«On juge ici les agissements d’un gestionnaire de fortune médiocre pour qui les affaires périclitent et qui vit grâce à l’argent de ses clients. En fait, ce dossier est d’une banalité confondante. Renaud Gautier a prélevé environ 4 millions de francs par pur appât du gain et pour payer ses factures.» Au deuxième jour du procès de l’ancien président du Grand Conseil genevois, le procureur Yves Bertossa, sévère à l’égard des actes commis, s’est montré plus hésitant au moment de réclamer une peine contre «cette personnalité complexe» qui a aussi beaucoup donné à la République.

Estimant qu’une telle dérive criminelle, commise en état de responsabilité légèrement restreinte, mérite 4 ans de prison, le Ministère public précise toutefois qu’il ne s’opposera pas à une peine de 3 ans, dont 1 an ferme, qui pourra être exécutée de manière plus souple. «Trouver le juste équilibre est très difficile», ajoute le procureur en faisant référence à tout le contexte qui entoure ce dossier.