Le «coup» diplomatique de Micheline Calmy-Rey a éclipsé, à Davos, la présence des autres conseillers fédéraux. Pascal Couchepin et Joseph Deiss ont pourtant eu de nombreux entretiens avec la plupart des responsables politiques présents au World Economic Forum, Kaspar Villiger se contentant d'un séjour rapide.

Mais rien n'y a fait. Alors qu'une quarantaine de journalistes se massaient à sa conférence de presse, samedi, dans le Posthotel Morosani, où étaient logées les délégations suisses, ils n'étaient pas dix pour rester dans la salle lorsque Joseph Deiss lui a succédé.

Le nouveau responsable de l'Economie avait pourtant un agenda chargé. Il a notamment réuni six homologues des grands pays concernés par les négociations commerciales en cours à l'OMC, où la Suisse est active sur deux fronts: l'accès aux médicaments génériques pour les pays les plus pauvres et les subventions à l'agriculture.

Pascal Couchepin a eu une quinzaine de rencontres, y compris son entretien avec le président brésilien Lula, co-vedette de ce week-end davosien avec le secrétaire d'Etat américain (voir page…). Le même Colin Powell dînait, samedi soir, à la table du président de la Confédération, au titre du protocole, après avoir accueilli «Micheline» par deux bises remarquées. La conseillère fédérale genevoise a pu ainsi qualifier la soirée officielle de «chaleureuse, délicieuse, et très longue». Joseph Deiss était seul à défendre les couleurs suisses au concert de gala offert par le UBS Verbier Youth Orchestra et son directeur musical, James Levine, venu tout exprès de New York pour administrer la Symphonie fantastique de Berlioz aux participants, avant de les inviter à se rendre en masse dans le festival valaisan cet été. Tous les conseillers fédéraux avaient quitté la station grisonne dimanche.