Mais comment diable les Vert·e·s ont-ils pu laisser échapper ce siège au Conseil d’Etat de Neuchâtel, qui leur semblait promis après leurs éclatants succès électoraux des fédérales 2019 et des communales 2020? Comment le candidat du troisième parti cantonal, occupant désormais un cinquième des sièges du Grand Conseil, peut-il terminer autant à la traîne, décroché de plus de 4000 voix? Pour bon nombre d’observateurs, les écologistes neuchâtelois allaient laver l’affront de la mortifiante non-réélection de leur icône Fernand Cuche en 2009. Ils se trompaient.

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Il y a bien sûr la démonstration de force d’un PLR uni et une surprise nommée Crystel Graf, 35 ans, qui a su faire souffler un vent de nouveauté sur le scrutin. Il faut également relever une certaine rancœur au sein de la base socialiste, après le retrait de l’un des leurs, le populaire président des communes neuchâteloises Frédéric Mairy, pourtant mieux classé que Roby Tschopp. Sans oublier un dernier fait de campagne, le lancement du référendum contre le projet de route de contournement de La Chaux-de-Fonds, la fameuse H18, qui a placé les Vert·e·s sur la défensive.

Vote femme historique

Reste que cet échec est avant tout celui d’un rendez-vous manqué. Depuis des années, les Vert·e·s neuchâtelois·e·s ont été l’une des formations mettant le plus l’accent sur la représentation féminine, comptant notamment dans leur rang Nicole Baur, l’ancienne Madame égalité du canton. Aux dernières élections fédérales, le parti propulsait une jeune femme, Céline Vara, au Conseil des Etats. Mais alors que les élections neuchâteloises de ce printemps 2021 sont marquées par un vote femme historique (58% d’élues au parlement) et un incroyable rajeunissement, le parti s’est retrouvé en porte-à-faux, avec comme unique candidat un homme de 55 ans, portant le nœud papillon.

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Le profil ne fait pas tout. Ecologiste à l’image assumée de rassembleur, Roby Tschopp s’est retrouvé dans les cordes au moment où la campagne s’est durcie. Il est peu à l’aise quand ça chauffe. Sur la liste écologiste au Conseil national en 2019, il avait fini dernier. C’est cependant lui que le parti a envoyé au front. Par faute de combattants. Les Vert·e·s neuchâtelois·e·s ont connu un spectaculaire boom ces dernières années, épuisant leur réservoir de candidats potentiels. Par manque de personnalités, ils demeurent aujourd’hui à la porte du gouvernement.