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La conseillère nationale Adèle Thorens copréside le comité d'initiative. (Keystone) 
© PETER SCHNEIDER

Votations fédérales

Comment rendre l’économie plus verte

Les Verts entrent en campagne pour défendre leur initiative en faveur de la protection des ressources naturelles. Les milieux économiques sont prêts à la combattre

Le parlement ayant refusé de lui opposer un contre-projet, l’initiative populaire «Pour une économie verte» sera soumise seule au verdict des urnes, et ce sera le 25 septembre. Ses auteurs sont entrés en campagne mardi, convaincus que la population souhaite que l’économie et la société soient plus respectueuses des ressources naturelles. Le problème, c’est que les grandes organisations économiques, Economiesuisse, l’Union suisse des arts et métiers (USAM), Swissmem et Scienceindustries en tête, ont fait du combat contre ce texte la mère de toutes les batailles cette année.

Le comité d’initiative a commandé un sondage à l’institut Link. Le résultat indique qu’une nette majorité des 1158 personnes questionnées se préoccupe de la quantité de déchets produits, de la destruction de la forêt pluviale, des changements climatiques et du gaspillage des ressources. Il indique également qu’une forte majorité souhaite des produits respectueux de l’environnement et le recyclage. Elle considère que les mesures volontaires prises par les entreprises ne suffiront pas à atteindre ces objectifs.

76% ne connaissent pas le texte

Cela signifie-t-il qu’une majorité soutient l’initiative «Pour une économie verte»? Il est sans doute trop tôt pour le dire. Le sondage indique 67% d’avis favorables, mais il montre aussi que 76% avouent ne pas en connaître le contenu. Les opinions sont ainsi loin d’être faites.

L’initiative demande un article constitutionnel sur la gestion efficace des ressources. Elle ambitionne de réduire l’empreinte écologique de la Suisse en incitant les entreprises à préserver les ressources naturelles, le sol, l’eau, les matières premières. Elle vise aussi à encourager le recyclage et la revalorisation des produits et déchets. Pour cela, la Confédération fixe des objectifs et peut, s’ils ne sont pas atteints, prendre des mesures.

«Les principes de la proportionnalité, de la subsidiarité et de la liberté de commerce et d’industrie ne sont pas remis en cause. Il ne s’agit pas non plus de baisser le niveau de confort et de prospérité, mais de l’atteindre autrement. Plutôt que de jeter des appareils pour en acheter de nouveaux, nous souhaitons les adapter à de nouveaux usages et encourager leur réparation», insiste la conseillère nationale Adèle Thorens (Verts/VD). «Il s’agit de remplacer la culture du jetable par celle du durable», ajoute la directrice de la Fondation pour la protection des consommateurs, Sara Stalder.

Les grandes organisations économiques voient les choses autrement. Durant les débats parlementaires, treize d’entre elles s’étaient alliées pour enjoindre aux Chambres fédérales de rejeter l’initiative et de renoncer à tout contre-projet. Ça a marché.

Risque de «cavalier seul»

Elles ne voient dans ces revendications que coûts et tracasseries. Selon Economiesuisse, l’initiative entraînerait une réduction de 65% de la consommation de ressources en Suisse. Elle permettrait au Conseil fédéral d’édicter des règles contraignantes, voire d’introduire des taxes environnementales. L’organisation condamne le risque que la Suisse fasse «cavalier seul».

Le comité d’initiative réplique en précisant que d’autres maillons de l’économie, comme Swisscleantech (innovation technologique, énergie) sont de son côté. Adèle Thorens rappelle que les industries du recyclage et du bois ainsi que les grands distributeurs comme Coop et Migros avaient soutenu le contre-projet, plus souple. Toutefois, la Communauté d’intérêt à laquelle sont rattachés ces deux groupes n’a pas apporté son soutien à l’initiative populaire, considérant ses objectifs «trop ambitieux dans un délai trop court» et craignant une «perte de compétitivité».

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