Urbanisme

Renens abandonne la densification du quartier de Florissant

La Municipalité de Renens renonce à un projet controversé, qui semait la zizanie dans ses propres rangs. Cet emblématique quartier des années soixante conservera ses dimensions d’origine

Cette fois c’est officiel: la Municipalité de Renens abandonne le projet de densification du quartier de Florissant, qui soulevait la colère des habitants et mettait à mal sa propre collégialité.

L’option consistant à densifier d’anciens quartiers subit un second revers dans l’agglomération lausannoise, après l’abandon par la Ville de Lausanne d’un projet aux Bergières. Comme sa grande voisine, Renens entend concentrer désormais ses efforts de densification urbaines sur ses friches industrielles.

Tout en regrettant le «climat très tendu» qui a entouré ce dossier, la Municipalité de Renens affiche sa «volonté de travailler en commun» sur les autres projets de développement du territoire communal.

Jeudi, le Parti radical libéral (PLR) et ses deux élus à l’exécutif, Jean-Marc Dupuis et Olivier Golaz, avaient communiqué qu’ils ne soutenaient plus le projet, «nullement prioritaire pour Renens». Comme le Parti socialiste et son élue municipale Myriam Romano, avaient déjà pris publiquement la même position, il apparaissait que le projet n’avait plus de majorité ni au parlement communal, ni à l’exécutif. Seule la syndique POP Marianne Huguenin et la directrice de l’urbanisme, la Verte Tinetta Maystre, le soutenaient encore, tout en faisant valoir que l’abandon était «une option ouverte.»

Willy Grandjean, qui habite le quartier depuis le début et qui co-préside le Groupe d’intérets de Florissant (GIF), se réjouit de cet «abandon définitif ou en tout cas pour très longtemps des projets de densification à Florissant. Pour nous c’est un combat de plus de cinq ans qui se termine par une victoire. Il faut éviter à toucher à des quartiers terminés. Ici, on a voulu faire du bourrage.»

Débandade pré-électorale

Construit au début des années soixante pour la classe moyenne et dans l’essor lausannois de l’Expo 64, le quartier de Florissant comprend huit barres de logement de dix étages, disposées dans un généreux espace public.

Porté au départ par les propriétaires du quartier, Swiss Life en tête, le projet de densification de Florissant a été relayée par la Municipalité de Renens, qui entendait profiter de l’occasion pour y placer de nouvelles classes d’école, des logements protégés et un EMS. Début février, une assemblée publique a montré que l’opposition, animée par un groupe de riverains, le GIF, n’avait nullement désarmé, même si le plan d’origine a été revu à la baisse. Ce quartier de 1400 habitants, dont aujourd’hui 50% d’étrangers, aurait dû accueillir plusieurs centaines de nouveaux venus.

La débandade politique autour de ce projet se produit dans un contexte pré-électoral, une élection complémentaire à la Municipalité se tenant en juin prochain et les élections communales en 2016.

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