C’est encore un vaste chantier où s’affairent 250 ouvriers occupés à des travaux de finissage. Mais déjà, le nouvel Hôpital Riviera-Chablais (HRC) de Rennaz se dévoile un tant soit peu. Loin des labyrinthes oppressants que sont devenus les hôpitaux universitaires, l’établissement reste à taille humaine, et sa structure en damier est relativement facile à comprendre. A l’étage hôtelier, on a même installé un parquet en bois et les chambres à un lit disposent d’une terrasse donnant sur le Gramont ou les Dents-du-Midi, faisant oublier les nuisances de l’autoroute pourtant toute proche. «C’est un hôpital quatre étoiles», résume Georges Dupuis, ancien chef du Service valaisan de la santé et membre du conseil d’établissement.

Pourtant, à quelques jours de l’opération «Portes ouvertes»*, on est à mille lieues d’une telle sérénité. «L’Hôpital Riviera-Chablais, ce grand malade», a même titré 24 heures, qui a thématisé le malaise du corps médical. En quatre ans, 24 cadres sont partis, soit un quart de la centaine de médecins-chefs. «Les médecins sont la carte de visite d’un hôpital. On peut se demander si la population n’est pas en train de perdre son lien avec l’HRC», s’inquiète Philippe Eggimann, le président de la Société vaudoise de médecine.