La rente-pont – ou ce qu’il en reste – survivra-t-elle à la crise du coronavirus? Ce projet d’aide aux chômeurs âgés de plus de 60 ans figure toujours à l’agenda politique. Le parlement doit l’avaliser définitivement en juin. Comme cette prestation sociale fait partie du dispositif mis en place par le Conseil fédéral pour barrer la route à l’initiative populaire de l’UDC contre la libre circulation des personnes, il devrait logiquement rester en vie. Mais rien n’est sûr.

L’idée initiale du Conseil fédéral était d’accorder aux chômeurs en fin de droits âgés de plus de 60 ans une prestation de transition jusqu’à l’âge légal de la retraite. Cela leur évite de puiser dans leur fortune ou de demander une rente AVS anticipée réduite. Le montant de cette prise en charge sociale était plafonné au triple des prestations complémentaires nécessaires pour couvrir les besoins vitaux, en l’occurrence 58 350 francs pour une personne seule et 87 525 francs pour un couple. Selon l’administration, 4600 personnes pourraient bénéficier de ce soutien, dont la facture était estimée à 230 millions de francs par an.