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Bertrand Buchs, président du PDC genevois, passera le témoin à Vincent Maitre, le 4 octobre prochain.
© ANTHONY ANEX / Keystone

Genève

La rentrée énervée du PDC genevois

Un quatuor d’hommes forts de la députation PDC pose ses conditions pour voter le budget 2019. Les élus préviennent: leur parti sera moins conciliant que par le passé

«Nous reprenons notre indépendance.» Le ton est calme mais résolu. Bertrand Buchs préside pour quelques semaines encore un parti qui se considère désormais «dans la minorité». «Ces quatre dernières années, reprend-il, le vote responsable du PDC au Grand Conseil genevois avait permis au canton d’avoir un budget, même déficitaire. Les élections ont changé la donne.» Vincent Maitre, qui succédera à Bertrand Buchs le 4 octobre prochain, pose donc les conditions auxquelles le PDC votera le budget 2019: des charges qui correspondent strictement à la hausse démographique, un déficit qui ne dépasse pas «le seuil de douleur» de 100 voire 120 millions de francs, des réformes qui «rééquilibrent les bidons dans la fonction publique» entre des besoins liés aux prestations publiques et une administration jugée pléthorique. «Et nous ne sommes pas d’accord d’abandonner le principe du frein au déficit», prévient le député.

La canicule et les élections du printemps dernier, qui ont opéré un rééquilibrage entre la gauche et la droite au parlement comme au gouvernement, ne suffisent pas à expliquer ce coup de chaud du parti de la famille. L’interview que la nouvelle conseillère d’Etat PLR chargée des Finances a accordée au Temps, au début du mois de juillet, a visiblement froissé ses cousins de l’Entente. Nathalie Fontanet y évacuait, à mots feutrés, l’héritage de son prédécesseur, le PDC Serge Dal Busco, qui a toujours affirmé que le futur taux d’imposition des entreprises, non négociable, serait de 13,49%. La PLR a dit qu’il serait le fruit de négociations. Pour Nathalie Fontanet, les pertes fiscales provoquées par cette réforme (RIE III puis PF17) pourraient être compensées par une suspension du frein au déficit et une réévaluation des biens immobiliers qui devrait aboutir à une hausse de la fiscalité dans ce domaine. «Si cela devait être le cas, je déposerais un projet de loi», annonce Vincent Maitre.

Enterrement de première classe

«Nous ne sommes pas d’accord avec cet enterrement de première classe de tout ce que Serge Dal Busco a accompli», martèle Olivier Cerutti en rappelant une diminution de 900 millions de francs de la dette cantonale et une baisse des charges de 450 millions: «Si on ouvre le robinet, ces économies seront annulées.» Le député le réaffirme: «Pour nous, 13,49% reste le seul taux acceptable dans le cadre de PF17.» «Il est le résultat de négociations menées par Serge Dal Busco, souligne Vincent Maitre. Le Parti socialiste, lui, n’a jamais eu l’intention de négocier quoi que ce soit. Je rappelle que David Hiler avait, en son temps, proposé 13%.» «Notre magistrat avait obtenu l’accord du patronat, renchérit Jean-Luc Forni, chef du groupe PDC au Grand Conseil. Si le taux final devait être revu à la hausse, nous demanderions une réforme de la taxe professionnelle.»

Lire aussi: Nathalie Fontanet: «Le taux d’imposition des entreprises est négociable»

«Nous n’allons plus jouer la même partition que par le passé car nous n’avons aucune certitude sur la symétrie des efforts qui seront demandés», avertit Olivier Cerutti. «Nous sommes obligés d’être beaucoup plus combatifs», conclut Vincent Maitre. «Trouver un budget sera très compliqué», prédit Bertrand Buchs.

Ni soutien ni défiance automatique

Nathalie Fontanet présentera son premier projet de budget le 14 septembre prochain. «Nous n’aurons, envers notre conseillère d’Etat, ni soutien ni défiance automatique», lance Cyril Aellen, chef du groupe PLR. La position du parti n’a pas varié depuis les élections, dit le député: une opposition résolue à toute hausse des impôts tant que des réformes n’ont pas été entreprises pour juguler les dépenses publiques. «Je me réjouis de la position d’ouverture adoptée par Nathalie Fontanet concernant le taux d’imposition des entreprises, dit Cyril Aellen. Mais si l’idée est de reporter les conséquences fiscales de cette réforme sur les personnes physiques, nous nous y opposerons.»

Avec ses 11 députés, le MCG est encore en position de faire basculer la majorité. Sandro Pistis, chef de groupe, aborde les négociations de cet automne avec prudence. «Le Conseil d’Etat annonce toujours un budget déficitaire pour terminer sur des comptes positifs. Nous ne nous prêterons pas à ce numéro de folklore», affirme-t-il. Sur le fond, le député est d’avis que «tout le monde va devoir faire des efforts, les fonctionnaires sur la réforme de leur caisse de pension comme le Conseil d’Etat sur PF17. Sans cela, une législature de cinq ans s’ouvrira sur un blocage.»

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