Alors que les compagnies aériennes n'attendent plus que l'aval des autorités pour reprendre les vols entre la Suisse et Belgrade ou Pristina, l'Office fédéral des réfugiés (ODR) se demande comment rapatrier les réfugiés. A l'ODR on estime en effet qu'une centaine de personnes seraient déjà prêtes à profiter de l'aide au retour, 2000 francs par adulte et 1000 par enfant, voyage payé. Comme la destination de Pristina n'est pas ouverte aux vols de ligne, les réfugiés devraient faire un détour par Skopje. Les autorités macédoniennes, avec lesquelles la Suisse négocie depuis le 29 juin, devraient donner leur réponse de façon imminente, explique Victor Schlumpf, chef de l'information au Département de justice et police (DFJP). La situation est délicate car il s'agit également de faire transiter des sans-papiers par la Macédoine. «Seul le pays d'origine du requérant, à savoir la Yougoslavie, peut émettre un nouveau document d'identité. Nous allons donc établir des laissez-passer pour le voyage», détaille Virginie Claret au service de presse de l'ODR.

Les Kosovars qui souhaitent rester en Suisse sont toujours au bénéfice d'une admission provisoire collective qui ne sera levée que lorsque les conditions sur place se seront améliorées. Le Conseil fédéral se réunira à la fin de l'été pour procéder à une évaluation. «Pour l'instant la situation est trop précaire, et la sécurité n'est pas garantie, il y a toujours des mines», poursuit Virginie Claret.

Pour ce qui est de l'autorisation de reprendre les vols vers Belgrade, elle dépend du DFJP, du Département des affaires étrangères et de celui des Transports. Curieusement, alors même que la Suisse n'a pas appliqué l'embargo aérien concernant la Yougoslavie, les chefs des trois départements attendent avant de prendre une décision que l'Union européenne se soit prononcée. Ce qui devrait se faire dans les semaines à venir.

Pas de transit à Belgrade

Sitôt la liaison rétablie, le rapatriement des requérants déboutés et des délinquants par la JAT, la compagnie aérienne yougoslave, pourra reprendre en vertu de l'accord conclu en 1997 entre Berne et Belgrade. Cela concerne 800 personnes. Quant aux Kosovars, seuls les délinquants seront renvoyés, pour peu que le Conseil fédéral donne son accord, et ils ne transiteront pas par Belgrade, assure-t-on à l'ODR.

Une précision qui prend tout son sens à la lumière des accusations du Corriere della Sera. Le quotidien milanais affirmait notamment mardi que la Suisse avait payé au régime de Milosevic 3200 francs par réfugié repris par la Yougoslavie. Livrés directement à leurs bourreaux, nombre d'entre eux auraient péri par la suite. L'ODR a affirmé qu'il n'en était rien, en précisant que les 3200 francs avaient été alloués individuellement pour régler le voyage. L'accord donne l'exclusivité à la JAT pour le transport des personnes déboutées et contraint la Suisse à payer les frais de voyage et d'encadrement.