Un Conseil des Etats moins social, peut-être moins «vert» et assurément plus conservateur: un Conseil national plus centriste et plus apte au compromis. Le changement de législature s'est traduit par un renversement du rapport de force entre les deux Chambres. C'est en fait un retour à la normale, relèvent plusieurs observateurs, membres actuels ou anciens du parlement fédéral.

Jusqu'en 2015, le Conseil des Etats était jugé moins progressiste que le Conseil national. Les élections fédérales de 2015 ont rebrassé les cartes: les électeurs ont accordé une majorité absolue théorique de 101 voix à l'UDC et au PLR au Conseil national. Cela a été source de blocages. Le Conseil des Etats s'est alors trouvé un nouveau rôle, celui de brigade de sauvetage pour dossiers en péril. «Il corrigeait et recentrait les décisions du Conseil national», relève le vice-président du PDC et conseiller aux Etats Charles Juillard (JU).