Les tendances semblent claires en vue des votations fédérales du 5 juin prochain. Deux sondages publiés mercredi, l’un pour le compte de la SSR, l’autre pour Tamedia, pronostiquent un rejet des trois initiatives populaires «Pro Service Public», «Vache à lait» et «pour un revenu de base inconditionnel», tandis que la révision de la loi sur l’asile semble assurée d’emporter l’adhésion populaire. Seul le sondage Tamedia s’est intéressé au sort du diagnostic préimplantatoire: un oui sortirait des urnes à 55%.

A 10 jours du scrutin, l’initiative «en faveur du service public» portée par des magazines de consommateurs, dont Bon à Savoir en Suisse romande, subit le renversement de tendance le plus net. Les deux sondages montrent une hausse de 15 points de la part d’opposants au texte par rapport à la dernière radiographie de l’opinion publique. Sans surprise. N’ayant récolté aucune voix au parlement fédéral, soutenu par aucun parti gouvernemental, le texte a été sous-estimé par la classe politique. Mais depuis quelques semaines, tant la conseillère fédérale de tutelle Doris Leuthard que les présidents de partis et les patrons des ex-régies fédérales donnent de la voix et exposent leurs arguments contre le texte.

Suspense sur le service public

L’issue de l’initiative reste indécise, avec une légère tendance vers le «non». La formation de l’opinion publique sur cet objet s’avère plus faible que sur les autres objets, selon gfs.bern. L’institut l’explique par le fait que la gauche a d’abord dû montrer à son électorat pourquoi elle ne veut pas de la forme de service public proposée par le texte. Le message a pris au Parti socialiste, avec un recul du «oui» de 22 points d’un sondage à l’autre. En revanche, les sympathisants des Verts approuvent l’initiative à 69% (+1). Le postulat selon lequel la base de l’UDC soutiendrait l’initiative contrairement aux organes dirigeants du parti ne se confirme pas: 44% des partisans agrariens voteraient pour le texte, contre 62% lors du dernier sondage.

La critique de la hauteur des salaires des managers des ex-régies fédérales forme l’argument principal des partisans de l’initiative. Les opposants estiment que les CFF, La Poste, Swisscom, et consorts doivent conserver une marge de manœuvre opérationnelle. Par région linguistique, le non s’avère plus marqué en Suisse alémanique, qu’en Suisse romande et italienne.

Nette polarisation sur le RBI

L’initiative «pour un revenu de base inconditionnel» est promise à un large échec. Elle n’est créditée que de 26% d’avis favorable par le sondage gfs, 37% dans le sondage Tamedia. Et la formation de l’opinion publique est déjà très avancée. La polarisation gauche/droite se révèle très marquée autour de ce texte, note gfs.bern. Les sympathisants écologistes l’approuvent à 64%, les partisans de l’UDC à 14%. La base du Parti socialiste est divisée, avec 50% d’avis favorables.

«Vache à lait»: plutôt non, sur fond de tendances contradictoires

L’initiative «pour un financement équitable des transports», dite aussi initiative «vache à lait», sera vraisemblablement rejetée le 5 juin, selon les deux sondages. Mais deux tendances contradictoires s’affrontent encore, souligne gfs: le «non» est en augmentation parmi les citoyens non partisans, tandis qu’il diminue au sein des sympathisants PLR.

Asile: les avis ne sont pas encore tranchés

La révision de la loi sur l’asile portée par tous les partis hormis l’UDC semble assurée de l’emporter le 5 juin. Elle récolte 55% d’avis favorables dans un sondage, 60% dans l’autre. Cela dit, pointent les politologues de gfs, la formation de l’opinion publique sur cet objet reste faible à moyenne.

Cela s’expliquerait par un certain trouble du citoyen, qui voit cette fois-ci, contrairement aux précédents scrutins sur l’asile, la gauche et l’UDC échanger leurs rôles – l’UDC a lancé le référendum contre la révision. Les sympathisants UDC seraient encore 47% à soutenir la révision de la loi. L’argument le plus populaire parmi les partisans de cet objet a trait à l’accélération des procédures. La question des expropriations convainc en priorité les opposants de la révision.