Revue de presse dominicale

Le renvoi des criminels étrangers coûterait très cher à la Suisse

La presse dominicale parle d'argent, de gros comme de petits sous

Nul doute que de nombreux lecteurs se reconnaîtront dans le sentiment d'effroi décrit par le Matin dimanche aujourd'hui: celui qui saisit souvent l'employé au moment d'enregistrer ses notes de frais. Un tiers des salariés en Suisse baisse les bras devant cette tâche fastidieuse. Chaque année, ce sont 255 millions de francs jamais réclamés en Suisse, ou une moyenne de 255 francs par personne, calcule l'hebdomadaire. Le secteur tertiaire et les cadres seraient davantage représentés. En cause: le procédures de remboursement trop compliquées, trop longues, trop tatillonnes. Les logiciels utilisés pour la saisie des frais professionnels s'avèrent souvent complexes et abscons, alors qu'il existe des outils simples. Aussi, un salarié sur trois soupçonne son employeur d'alourdir volontairement la tâche dans le but de réaliser des économies à court terme. Mauvais calcul: un employé démotivé coûte cher.

Expulsion des criminels étrangers: une procédure lourde et coûteuse

Ce qui pourrait coûter très cher à l'Etat cette fois, c'est l'initiative de l'UDC «pour le renvoi effectif des criminels étrangers», indique la NZZ am Sonntag. Rolf Grädel, procureur général du canton de Berne et président de la conférence des procureurs de Suisse, met en garde : en cas d'acceptation de ce texte lors de la votation populaire le 28 février prochain, les frais devraient s'élever à plusieurs dizaines de millions pour les caisses publiques. «Un renvoi est une décision sérieuse», souligne le procureur de Berne.

Les étrangers menacés d'expulsion doivent pouvoir avoir recours à un avocat commis d'office, financé dans la majorité des cas par l'Etat. L'Office fédéral de la statistique estime à quelque 5000 par an le nombre d'étrangers condamnés pour des délits mineurs en Suisse, pour lesquels l'initiative exige une expulsion automatique. Il s'agit par exemple de violation de domicile, d'une infraction à la loi encadrant l'aide sociale, ou d'une dégradation de biens. Actuellement, aucun avocat n'est prescrit dans le traitement de ce genre de cas. S'ils débouchaient en revanche sur une procédure de renvoi, les personnes concernées auraient certainement recours aux services d'un avocat commis d'office. Détail piquant: Rolf Grädel s'oppose à ce texte, or il est lui même UDC. «J'ai déjà fait part de ma position à l'égard de cette l'initative au sein de mon parti», dit-il à la NZZ am Sonntag.

«Les Suisses payent le prix de la politique industrielle de la France»

La NZZ am Sonntag revient sur la suppression de postes par Alstom annoncée dans le courant de la semaine. «General Electric (GE, qui a repris une partie des activités d'Alstom) renforce son site en France sous la pression politique, alors qu'il biffe 1300 postes en Argovie», relève la NZZ am Sonntag. Les postes supprimés en Suisse sont-ils déplacés en France ? Même si le conglomérat américain le conteste, le soupçon demeure, affirme le journal. GE a certes annoncé la suppression de 765 postes en France. Mais l'usine de Belfort, à 70 kilomètres de Bâle, où sera concentrée la production de turbines à gaz, devrait être consolidée. Selon un porte-parole de l'entreprise cité dans Libération, GE engagera 3700 personnes en France d'ici 2018. L'entreprise répond ainsi aux exigences de l'Etat français, qui avait autorisé la vente d'Alstom seulement à la condition que le groupe américain crée 1000 places de travail en France. S'ils ne s'y tient pas, il est tenu de payer une amende de 50 000 euros par poste manquant. «Les employés d'Argovie payent le prix de la politique industrielle de la France», conclut l'hebdomadaire zurichois. 

100 millions de pertes pour Migros

Dans un entretien à la Sonntagszeitung, le patron de la Migros Herbert Bolliger, 62 ans, déplore les effets du franc fort, auquel il attribue une perte de 100 millions de francs sur le bénéfice net au cours de l'année écoulée. En 2014, les bénéfices du groupe aux 570 supermarchés, qui emploie 97 500 personnes, s'élevaient à 870 millions de francs. L'an dernier, le chiffre d'affaires s'est élevé à 27,4 milliards, indique encore le président de la direction générale de la Fédération des coopératives Migros, qui prédit une année 2016 difficile, toujours en raison des effets du franc fort. Le géant orange avait supprimé des postes du côté de Globus et de Chocolat Frey. «En ce moment, nous ne planifions pas d'autre plan de restructuration», affirme Herbert Bolliger. Au journaliste qui lui demande s'il est prêt à réduire son salaire de 860 000 francs annuels, il rétorque qu'il s'agit d'un montant  acceptable «en comparaison internationale». 

Risque de conflit d'intérêt désamorcé au Département de la défense

La Schweiz am Sonntag nous apprend que le conseiller fédéral Guy Parmelin, à peine installé dans son nouveau poste, a dû régler un cas de potentiel conflit d'intérêt. Le Département fédéral de la défense (DDPS), alors sous les ordres d'Uli Maurer, avait prévu de nommer au poste de commandant de la brigade d'infanterie 5 Alexander Kohli. Or l'homme détient des parts dans un bureau d'ingénieurs, BSB + Partner, lié par de nombreux contrats pour la Confédération, notamment pour Arma suisse. Le nouveau ministre vaudois de la Défense a décidé de retirer sa candidature.

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