L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) est favorable au contre-projet que les autorités opposent dans 15 jours à l’initiative de l’UDC «pour le renvoi des criminels étrangers». Au moment de sa présentation par le Conseil fédéral en juin 2009, l’OSAR était pourtant contre.

Face au risque, confirmé dans les sondages, d’un succès de l’initiative le 28 novembre, l’OSAR a entretemps revu sa position, plaidant pour la solution «la moins pire», a indiqué jeudi Adrian Hauser, porte-parole de l’oeuvre d’entraide. Contrairement au texte de l’UDC qu’elle appelle à rejeter, le contre-projet a le sens de la mesure, il respecte la Constitution.

Selon le texte de l’UDC, des délits mineurs tels que le fait pour un chômeur de ne pas déclarer un gain intermédiaire ou la vente de quelques grammes de cannabis pourraient entraîner le renvoi d’un étranger, quel que soit son âge et environnement familial. Un Suisse ne recevrait, pour le même délit, qu’une amende. Dans le contre-projet, les raisons impliquant le renvoi ne sont pas basées sur une liste de délits dressée à la va-vite et de manière arbitraire comme le prévoit l’initiative, écrit l’OSAR dans un communiqué. Le contre-projet définit au contraire la nature du délit et la gravité qui justifieraient un renvoi. Il prévoit une pesée des intérêts en présence et respecte les droits fondamentaux.

L’OSAR souligne également le volet intégration prévu dans le contre-projet. Cela permet de franchir un pas important. Selon l’ONG, l’intégration réussie de tous, au niveau professionnel et social, reste encore le meilleur moyen de combattre la criminalité à ses racines.