criminalité

Renvoi des étrangers: les socialistes soutiennent le contre-projet

La gauche va-t-elle accepter que l’initiative de l’UDC passe seule devant le peuple ou avec un contre-projet qui lui ressemble? Réponse au Conseil national le 2 juin

La bagarre sera rude le 2 juin. Ce jour-là, le Conseil national se penchera sur l’initiative de l’UDC «pour le renvoi des étrangers criminels» et le contre-projet que le PLR et le PDC veulent lui accoler. Et rien n’est gagné. La stratégie de la gauche sera déterminante. Parti socialiste, Verts et UDC, majoritaires à la Chambre du peuple, peuvent, ensemble, faire capoter le contre-projet. Et la question qui est sur toutes les lèvres est la suivante: la gauche va-t-elle s’allier à l’UDC et prendre le risque de laisser une initiative problématique passer seule en votation populaire? Ou va-t-elle soutenir un contre-projet qu’elle estime pourtant bien trop dur? Le malaise est palpable.

Jeudi, la commission préparatoire du National a tranché: le contre-projet, un peu remanié, a été accepté. Mais à une très courte majorité: 13 voix contre 11 et 2 abstentions. Des voix de gauche se sont rangées du côté des libéraux-radicaux et des démocrates-chrétiens, a souligné, devant la presse, le président de la commission, Yvan Perrin (UDC/NE). En fait, tous les socialistes, sauf deux qui se sont abstenus, se sont rangés du côté du contre-projet. Et les trois représentants des Verts ont, eux, rejoint les démocrates du centre pour le rejeter. Voilà qui peut donner quelques idées du scénario qui pourrait se tramer le 2 juin.

«Des motifs racistes»

Le Vert genevois Antonio Hodgers se dit très surpris que «le PS ait repris mot pour mot la version du Conseil des Etats en n’y rajoutant qu’un article sur l’intégration qui n’apporte rien par rapport à la base légale actuelle». Ils devront assumer, dit-il. Antonio Hodgers regrette que, «comme le PLR et le PDC, le PS se couche devant l’UDC». Si les socialistes s’étaient abstenus afin que le contre-projet puisse être présenté au peuple, il aurait pu comprendre, dit-il. «Mais là, il s’agit maintenant carrément de leur projet!»

La Commission fédérale contre le racisme a choisi cette même journée pour donner sa position. Elle rejette aussi bien le texte de l’UDC que le contre-projet, même si ce dernier respecte la Constitution et le droit international. Pour elle, le droit actuel, qui permet déjà d’expulser des délinquants étrangers, est suffisant. La CFR insiste: l’application de l’initiative de l’UDC augmenterait le risque d’inégalité de traitement «dictée par des motifs racistes». Car les renvois ne frapperaient que des ressortissants de pays hors UE et AELE.

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