de la professionLes uns ont applaudi. Les autres sifflé. Pendant quinze jours, les professionnels de la culture ont suivi les brigues, volte-face et coups de tête du nouveau Conseil administratif. Un jour, la cause était entendue: Manuel Tornare prenait le portefeuille de la Culture; un autre, Patrice Mugny rempilait pour quatre ans. Finalement, ce dernier scénario prévaut. Réactions.

Anne Bisang, directrice de la Comédie. «Je suis déçue comme beaucoup. Le bilan de Patrice Mugny pendant ses quatre premières années est proche du néant. Le Grand Théâtre a été déstabilisé, certes à cause de problèmes internes, mais aussi à cause du manque de précaution du magistrat. Le projet de nouvelle Comédie capote. Si Patrice Mugny s'accroche à la Culture, c'est qu'il pense pouvoir faire mieux. Le milieu, lui, est déterminé à prendre son destin en main. Cet automne auront lieu des assises sous l'égide des artistes, avec l'appui, je l'espère, du Département des affaires culturelles de la Ville et du Service des affaires culturelles de l'Etat. Je suis résolue à m'engager avec les autres pour qu'on réfléchisse ensemble à notre rôle dans la société.»

Metin Arditi, président de l'Orchestre de la Suisse romande. «Je suis ravi qu'il reste à la Culture. Cela n'enlève rien aux mérites de Manuel Tornare qui aurait fait un responsable de grande qualité. La force de Mugny? On peut avoir avec lui des désaccords forts qu'on peut dépasser dans l'échange. Il est frontal. Il a une intelligence rapide, une vision des choses surtout.»

Gilles Jobin, chorégraphe, directeur de compagnie. «Je suis très content. Il a fait du bon travail dans le domaine qui est le mien. Il est direct, facile d'accès. Il a des idées fortes, ne sacrifie jamais au consensus mou. Il est normal qu'il puisse poursuivre ce qu'il a entrepris. C'est important pour les artistes aussi. Avec un autre, nous aurions dû reprendre à zéro.»

Alya Stürenburg, directrice du Festival de La Bâtie. «Nous travaillons avec Patrice Mugny depuis quatre ans et nous continuerons, s'il le veut bien (le magistrat a mis au concours la direction du festival, ndlr). J'ai du plaisir à collaborer avec ses services qui comptent deux anciens directeurs de La Bâtie. Sur le fond, je suis souvent d'accord avec lui.»