Répartition des migrants: l’UDC va dans le sens de l’UE

Asile Le parti critique Simonetta Sommaruga, mais plaide pour une solution commune

Requérants trop coûteux, renvois mal exécutés, politique d’accueil trop favorable envers les réfugiés, laxisme envers les «migrants économiques»: l’UDC lance une nouvelle charge contre la politique d’asile de Simonetta Sommaruga, à cinq mois des élections fédérales. Le parti répète ses arguments habituels pour fustiger la réforme amorcée par la conseillère fédérale socialiste, dont le but est, rappelons-le, de traiter les demandes d’asile plus rapidement. Sans surprise, le terme de «chaos» est une nouvelle fois utilisé dans le titre du communiqué de presse, qui va jusqu’à accuser la présidente d’«encourager les abus» et réclame un changement à la tête du Département de justice et police.

Plus surprenant, l’UDC va dans le sens des propositions de la Commission européenne en se disant favorable à une nouvelle clé de répartition des requérants en Europe «basée sur la population et la surface du territoire national». C’est la conseillère Yvette Estermann (LU) qui le dit. L’UDC milite aussi pour une application stricte de l’Accord de Dublin, qui permet de renvoyer un requérant vers le premier pays européen dans lequel il a été enregistré.

Le parti a compris que ne pas s’associer à une «solution commune» dans la gestion de l’asile risquerait de prétériter la Suisse. «Le Conseil fédéral doit agir au niveau international», a insisté mardi la Lucernoise lors d’une conférence de presse, en évoquant les tragédies en Méditerranée. Elle se trouve ainsi exactement sur la même ligne… que la conseillère fédérale socialiste.

Bien sûr, avant son élan européen, Yvette Estermann parle de «faire contrôler la côte nord-africaine par Frontex». Elle souligne que des «centres doivent être installés en Afrique du Nord sous la conduite et la protection de l’ONU, pour séparer les authentiques réfugiés des autres migrants».

«Quelques réfugiés»

Pour elle, les réfugiés doivent d’abord être installés dans une région «proche de leur culture d’origine». C’est seulement ensuite qu’elle ajoute: «quelques réfugiés pourront être transportés en Europe et répartis entre les Etats selon une clé de répartition basée sur la population et la surface du territoire national». Une telle organisation permet d’«aider les personnes réellement persécutées, d’empêcher les traversées mortelles et d’assécher les bandes de passeurs». Yvette Estermann dénonce en revanche, dans une certaine confusion, l’accueil de nouveaux contingents de réfugiés – des migrants présélectionnés par le HCR –, en insistant de nouveau sur le besoin d’aider en priorité sur place.

En plus des critiques réitérées envers Simonetta Sommaruga, un des passe-temps favoris de ses responsables, l’UDC a présenté mardi deux initiatives parlementaires censées faire le ménage dans le domaine de l’asile. La première veut restreindre les possibilités d’asile et les voies de recours et prévoit de placer les requérants «dans des centres de contrôle en Suisse et à l’étranger» et dans des centres fermés en cas de «comportement asocial ou délictueux». La deuxième demande la suppression de l’aide d’urgence accordée aux étrangers séjournant illégalement en Suisse.