Septembre 1994 La Direction des Constructions Navales (DCN) conclut le contrat Agosta qui prévoit le versement de 10,25% du montant global à deux réseaux distincts d’intermédiaires (6,25% via la Société française de matériels d’armement pour Amir Lodhi et 4% pour le duo El Assir et Takkieddine).

Novembre 1997 La Suisse reçoit une demande d’entraide du Pakistan visant à bloquer les comptes de la famille Bhutto. La justice genevoise ouvre sa propre enquête pour blanchiment. Quatre juges d’instruction vont se succéder dans cette affaire et 22 témoins seront entendus.

Août 1998 L’avocat genevois de la famille et deux directeurs de la SGS et Cotecna sont inculpés. Ces derniers bénéficieront d’une décision de classement en opportunité au motif qu’ils n’ont pas agi dans leur intérêt personnel en versant ces commissions.

Mars 1999 Benazir Bhutto et Asif Ali Zardari sont condamnés à 5 ans de prison et 8,6 millions de dollars d’amende par une Cour de Lahore. Ce jugement sera cassé par la Cour suprême, qui constate le peu d’intégrité des magistrats. Le second procès n’aura jamais lieu.

Mai 2002 Un attentat tue 11 salariés de la DCN qui assemblaient les sous-marins à Karachi. Il est à l’époque attribué à Al-Qaida.

Juillet 2002 Le juge Devaud condamne par ordonnance Benazir Bhutto et son époux à 6 mois de prison avec sursis dans l’affaire SGS. Le couple fait opposition, et le dossier est renvoyé à l’instruction.

Octobre 2007 L’enquête est bouclée et le dossier prêt à être transmis au Parquet au moment même où Benazir Bhutto fait son grand retour au pays à la faveur d’un décret d’amnistie.

Décembre 2007 L’ancienne première ministre meurt dans un attentat. Son mari et son fils reprennent les rênes du parti.

Août 2008 Le procureur général genevois Daniel Zappelli décide de classer la procédure visant Zardari et l’avocat qui administrait ses sociétés en se rangeant à l’avis d’un homologue pakistanais qui ne voit rien à reprocher au candidat. Les blocages sont levés.

Septembre 2008 Zardari est élu président.

Octobre 2008 Les familles de victimes reçoivent le rapport Nautilus, commandé par la DCN et resté secret durant six ans, qui accrédite le mobile financier de l’attentat.

Décembre 2009 La Cour suprême pakistanaise dit que le procureur Qayyum a commis un acte anticonstitutionnel en dédouanant ainsi Zardari.

Novembre 2010 L’ancien ministre de la Défense Charles Millon, en poste de 1995 à 1997, est entendu comme témoin par le juge Van Ruymbeke. L’ancien premier ministre Dominique de Villepin également.