Depuis qu'il est président de la Diana du district de Conches, dans le Haut-Valais, Helmut Kiechler a pris en grippe le Service de la chasse du Valais et son chef, Narcisse Seppey. Aujourd'hui, selon l'ATS, il ne fait rien moins que de menacer de lancer une initiative visant à interdire la chasse en Valais. Cette provocation ne sera sans doute pas du goût des 3500 chasseurs potentiels, dont deux émérites au Conseil d'Etat, Wilhelm Schnyder et Jean-René Fournier.

Le président de la Diana de Conches, petite section de cent chasseurs, était déjà à l'origine de l'enquête que le Conseil d'Etat avait commandé en 1998 sur la gestion du Service. Les résultats avaient mis en lumière qualités et défauts, mais dans l'ensemble, les investigations débouchaient sur des conclusions positives. Aujourd'hui, les améliorations nécessaires ont été apportées et le service a décidé d'aller encore plus loin en cherchant à obtenir, pour le mois de juin probablement, la certification Iso 9001. C'est une forme de réponse définitive à ses détracteurs. Pas uniquement adressée au contestataire haut-valaisan, mais aussi aux milieux proches de l'environnement.

De son côté, la Fédération valaisanne des sociétés de chasse (FVSC), qui regroupe les 20 sociétés du canton, estime que le service fonctionne à satisfaction. Lors d'un sondage interne réalisé il y a deux ans, 79% des chasseurs ont donné une bonne note à Narcisse Seppey et à ses hommes. Dans le Haut-Valais, ils étaient 74%. Son président, Philippe Resenterra, relève: «M. Seppey a obtenu des résultats extraordinaires avec des principes simples. Mais il a toujours géré le service tout seul, dans son coin de table.» Ce à quoi Narcisse Seppey répond avec son esprit habituel: «Cela fait dix-huit ans que je dirige le service de la chasse, je suis donc par principe démodé.»

Reste le problème de Conches, de ses terrains de chasse giboyeux qui attirent les «Nemrod» hors district, et dont le président revendique une plus grande autonomie. La FVSC observe que «les intérêts de l'ensemble des chasseurs valaisans, et non ceux d'une minorité locale, sont sauvegardés dans le respect des règles nécessaires au développement et à l'équilibre des espèces animales».

Alors Helmut Kiechler pourra bien lancer son initiative; mais il risque d'être encore plus isolé que le loup du val d'Hérens, tombé sous les balles du service de la chasse. Pour parvenir à ses fins, il lui faudra plus que les 370 voix qui n'ont pas suffi à le faire élire comme socialiste au Grand Conseil le week-end dernier.