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Des stations de recharge seront bientôt disponibles sur les aires de repos.
© GAETAN BALLY / Keystone

Mobilité

Repos autoroutiers pour recharger les batteries

Les bornes de chargement des véhicules électriques pullulent en Suisse. Mais il n’y en a pas encore sur les aires de repos du réseau autoroutier. Ça va changer, promet l’Office fédéral des routes. Et l’engouement est grand

Réinventer la mobilité

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Programme et inscription: www.forumdes100.ch

Les espoirs placés dans le développement des voitures électriques sont proportionnels à l’engouement pour l’installation de stations de recharge rapide. Elles se multiplient sur le territoire national, sur des terrains privés comme dans l’espace public. Celui-ci se partageant entre les communes, les cantons et la Confédération, l’Office fédéral des routes (Ofrou) n’est pas en mesure d’indiquer combien de bornes d’alimentation électrique sont réellement à disposition en Suisse aujourd’hui. Mais plusieurs sites spécialisés, comme E-mobile.ch ou le Forum suisse de la mobilité électrique, fournissent des indications sur les stations existantes.

Cette tendance profonde a donné naissance à une pépinière de petites entreprises et start-up spécialisées dans le développement de ces postes de recharge. E-mobile en recense dix: Alpiq E-Mobility, Amperio, BMW, Demelectric, EKZ, Green Motion, Groupe E, Juice Technology, Repower et The Mobility House. Mais il existe d’autres acteurs. Plusieurs réseaux se partagent le marché: EVpass, Move Mobility, GoFast (Gottardo FastCharge), Ionity et, bien sûr, Tesla. Lancé en 2016, le réseau EVpass de Green Motion est le plus important à l’heure actuelle. Il compte 754 points de recharge et prévoit d’en proposer plus de 3000 d’ici à fin 2020, avec une capacité de charge plus rapide. Move Mobility est une coentreprise créée en 2017, dont Groupe E, Alpiq, EWB (Ville de Berne) et EBM (BL) sont actionnaires. Move Mobility regroupe 300 points d’alimentation publics en Suisse. Les Services industriels de Genève (SIG) et BKW sont également rattachés au réseau Move.

Lire aussi: A Genève, l'incitation à l'achat de voitures électriques est dans l'impasse

Particularisme helvétique

L’installation de bornes de chargement est particulièrement importante sur les longues distances, notamment sur le réseau autoroutier. Mais on se heurte là à un particularisme tout helvétique. Il s’agit en effet d’établir une distinction entre les aires de ravitaillement flanquées d’un restaurant et les parkings de repos simplement équipés de tables, de bancs et de WC. Les premières sont de la compétence des cantons. Les secondes font intégralement partie du réseau de routes nationales et sont ainsi de la responsabilité de la Confédération. C’est curieux, mais c’est ainsi.

Aujourd’hui, 24 aires de ravitaillement flanquées d’un restoroute sur 59 ont réservé des emplacements aux véhicules en quête de réalimentation électrique. Il s’agit, en Suisse romande, de La Côte, du Saint-Bernard et de la Rose de la Broye. Selon l’Ofrou, une quinzaine d’autres, dont Lavaux, le Chablais, Bavois et la Gruyère, s’ajouteront à la liste prochainement. L’office fédéral souhaite cependant que les propriétaires d’un véhicule à propulsion électrique aient aussi la possibilité de recharger leur batterie sur une aire de repos. Il a réuni les investisseurs et les sociétés d’exploitation potentielles à fin mars pour évaluer les besoins. Le moment est d’autant plus propice que la nouvelle loi sur les routes nationales permet désormais d’installer des bornes électriques sur ces haltes autoroutières.

Appel d’offres cet été

Un appel d’offres sera lancé cet été. La concurrence entre les différents promoteurs promet d’être vive. Selon l’Ofrou, une centaine d’aires de repos sont adaptées à l’installation de stations de recharge et les adjudications se feront par lots de 20. Les critères seront précisés ces prochaines semaines. Mais certaines exigences sont déjà connues: la puissance de charge devra atteindre au minimum 150 kW, l’énergie devra être d’origine renouvelable et suisse et les trois types de connecteurs les plus courants (nommés, dans le jargon technique, CCS, CHAdeMO et type 2) devront être disponibles. Par ailleurs, les exploitants n’auront pas le droit de lier les mains de leurs clients en exigeant d’eux une inscription préalable ou la détention d’une carte de fidélité. Les «moyens de paiement usuels» devront pouvoir être utilisés.

Les coûts sont estimés à un demi-million de francs par aire de repos. Ils seront préfinancés par l’Ofrou et compensés par une indemnité mensuelle versée par les exploitants. Les autorisations seront valables pour une durée maximale de trente ans. Les premières stations de recharge rapide devraient être disponibles sur ces parkings avant fin 2019, estime l’Ofrou. La demande devrait être au rendez-vous. Selon Auto-Suisse, une voiture de tourisme sur 10 devrait être électrique ou hybride en 2020 si l’on espère atteindre l’objectif de réduction des émissions de CO2 à 95 grammes par kilomètre tel que l’exige la nouvelle législation sur l’énergie. C’est ambitieux: en 2017, les véhicules électriques ne représentaient que 2,7% du parc automobile.

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