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Banderole pour les candidats PLR à Lausanne 
© LAURENT GILLIERON

politique

Reprendre les villes, le fol espoir de la droite vaudoise 

Encouragés par des «signes avant-coureurs», les partis de droite espèrent regagner le terrain perdu dans les communes urbaines. Mais ils restent divisés face au bloc de gauche

Les élections communales qui se jouent dimanche dans le canton de Vaud confirmeront-elles à l'échelle locale le virage droitier du paysage politique suisse? Les partis de droite ont en tout cas le grand espoir de reprendre un partie du terrain cédé à la gauche depuis vingt ans dans les communes urbaines, en particulier à l'exécutif. Cet optimisme se fonde sur des «signes avant-coureurs»: les élections fédérales d'octobre dernier et plusieurs élections complémentaires récentes.

D'une élection fédérale à l'autre, entre 2011 et 2015, le PLR a gagné 3 % à Lausanne, plus de 5% à Nyon et près de 10% à Montreux, relève Philippe Miauton le secrétaire général du PLR. Cette tendance haussière a permis l'élection d'Olivier Français au Conseil des Etats. Une nouvelle avancée, ce week-end, à commencer par le gain d'un siège à la Municipalité de Lausanne, serait d'excellent augure pour les élections cantonales 2017, date à laquelle la droite espère reprendre la majorité au Château cantonal.

La progression est surtout celle du PLR

Selon la même comparaison, le PS a perdu 1% à Lausanne, près de 4% à Yverdon-les-Bains,  5% à Vevey et 6% à Montreux. Durant la législature qui s'achève, trois élections municipales complémentaires ont été défavorables à la gauche. A Yverdon, le PS a perdu le siège de l'ancien syndic Daniel von Siebenthal, récupéré par le PLR. A Vevey, Jérôme Christen (Vevey Libre) a pris à la gauche un siège qu'il avait déjà occupé une fois. A Morges, le PS a dû céder un de ses mandats aux libéraux-radicaux, après le départ de Nuria Gorrite pour le Conseil d’État.

Cette progression de la droite est surtout celle du PLR. Toujours à l'aune de la comparaison des élections fédérales 2011-2015, l'UDC montre de la stabilité, voire une légère baisse. Il en va de même pour le vote vert. Cette année, l'UDC présente des listes dans 39 communes (sur les 57 où le scrutin de listes est obligatoire), un record pour cette formation. «Il y a quinze ans seulement que nous nous présentons dans les villes, nous avons des ambitions de parti jeune», explique Kevin Grangier, secrétaire général de l'UDC Vaud, lui-même candidat à Villeneuve. Les difficultés que ce parti rencontre pour accéder aux exécutifs commencent au niveau communal. Le fait que les municipalités vaudoises sont élues au système majoritaire ne facilite pas les choses. Bex, avec ses 5700 électeurs, est actuellement la plus grande commune où l'UDC soit représentée à l'exécutif.

Espoirs de l'UDC et du PS

Pour dimanche, c'est à Yverdon-les-Bains, Nyon et Vevey que Kevin Grangier voit les meilleures chances de placer l'un des siens à l'exécutif. Ces trois villes illustrent d'ailleurs la géométrie variable dans laquelle la droite se présente aux élections. Nyon représente un cas absolument unique: il existe une large liste d'alliance rassemblant dès le premier tour PLR, UDC, Vert'libéraux et Parti indépendant. A Yverdon, le candidat UDC est soutenu par le PLR, et réciproquement, mais sur des listes différentes. A Vevey, l'UDC se présente dans une solitude absolue. Le problème de base demeure: souvent divisée, la droite ne peut faire bloc face à l'union de la gauche.

Gaétan Nanchen, secrétaire du Parti socialiste vaudois (PSV), conteste que l'on puisse tirer des conclusions générales des résultats fédéraux. «Les communales se jouent sur des des bilans locaux et des personnalités que l'on connaît, relève-t-il. En 2011, le PS a réussi un pic exceptionnel que l'on ne retrouve pas en 2015, c'est vrai. Mais sur la durée, depuis 2003, nous sommes plutôt en progression.» Les défaites d'Yverdon ou de Vevey sont incontestables, mais le PSV les explique par «un manque de communication» de ses magistrats sur des sujets de controverse, la circulation ici, les déchets là. Sans fixer d'objectifs pour les communales, le PSV pense avoir «une marge de progression importante dans les localités moyennes.»

Parmi les villes vaudoises, Lausanne et Renens ont en commun une double et nette majorité de gauche à la Municipalité et au Conseil communal. A Morges, Vevey et Nyon, l'exécutif à majorité de gauche doit composer avec un parlement communal de majorité contraire ou incertaine. L'exécutif d'Yverdon a repassé à droite il y a un an, mais c'est moitié-moitié au Conseil. Il n­'y a qu'à Montreux que la droite tienne les deux organes. Majoritaire avant l'affaire Doriot, la gauche n'y a pas encore, selon Gaétan Nanchen, achevé sa reconstruction. 

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