Sans surprise, les «Panama papers» colonisent les pages des journaux dominicaux. D’autant plus qu’on y découvre qu’une mythique institution suisse y a été mêlée, à l’insu de son plein gré, le CICR. Dans la SonntagsZeitung et le Matin Dimanche, on apprend que l’identité du Comité international de la Croix-Rouge a été usurpée par l’immoral cabinet d’avocats Mossack Fonseca, pour cacher de l’argent sale. Le principe: le cabinet d’avocats panaméen mettait à disposition de ses clients deux fondations, utilisées anonymement pour détenir les actions de leurs sociétés offshore. Le bénéficiaire de ce service, utilisé par 500 sociétés, n’était autre que le CICR qui, selon la législation en vigueur au Panama, n’avait pas besoin d’en être informé. En conséquence de quoi, ce montage aurait servi à cacher des avoirs ou de l’argent du crime. Bien entendu, le président de CICR Peter Maurer s’est étranglé à cette nouvelle, qualifiant l’affaire de «très grave».


Pour Schneider-Amman, 2,6 téraoctets de données, c’est trop peu pour être béton

Dans le SonntagsBlick, le président de la Confédération s’exprime depuis la Chine sur les «Panama Papers». «Nous en savons encore trop peu», dit-il, pour envisager éventuellement de nouveaux règlements. Et le pince-sans-rire d’ajouter qu’il comprend «un certain mécontentement» face à la triche mais qu’il faut prendre garde à ce que nos entreprises ne se retrouvent pas «hors jeu» si elles ne pouvaient plus jouer dans le flou de la loi.


Pour Michael Lauber, trop d’informations tuent l’information

Le procureur général de la Confédération – qui dans le cadre des «Panama Papers» a mené une perquisition au siège de l’UEFA cette semaine, rappelle le SonntagsBlick – s’exprime dans les colonnes de la NZZ am Sonntag et du Matin dimanche. «Les blanchisseurs noient le tout dans un trop-plein d’informations, déclare le chef du Ministère public de la Confédération (MPC). Mais au bout d’un certain moment, les données passées dans les mains des journalistes sont «blanchies», rendant leur utilisation possible».


La Finma aussi hausse le ton à sa manière

Thomas Bauer, président de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma), avertit dans les colonnes de la NZZ am Sonntag qu’il a entrepris des démarches auprès des plusieurs banques suisses après les révélations des «Panama Papers». Mais motus et bouche cousue sur leurs identités et leur nombre. Mais il prévient: si les règles n’ont pas été respectées, la Finma «agira de manière conséquente». Et le nouveau président de déplorer que certaines banques prennent encore le blanchiment d’argent à la légère, jetant le discrédit sur tout le secteur.


Elèves musulmans bâlois: la contre-attaque

Interrogés par la SonntagsZeitung, la Schweiz am Sonntag et le Matin dimanche, les deux élèves musulmans de Therwil (BL) passent à l’offensive pour justifier le fait qu’ils refusent de serrer la main d’une professeure: les y obliger serait de la discrimination, affirment-ils, justifiant leur choix par leur propre culture. «Notre cas est utilisé pour créer un climat hostile aux musulmans», se lamentent-ils. Et encore un petit coup de victimisation pour finir: «Nous avons l’impression d’être incompris. Nous avons même reçu des menaces sur Facebook». Un réseau social que l’un d’entre eux a pourtant utilisé pour diffuser des vidéos de Daesch. Mais ça, c’est une autre histoire, explique l’ado. «J’avais 12 ans et j’aimais cette musique.» C’est rassurant.


L’intégration des réfugiés diminuera la facture sociale


Le président de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS) partage ses craintes à la NZZ am Sonntag: Si la Suisse ne consacre pas plus d’argent à l’intégration des réfugiés, elle le payera plus tard en terme d’aide sociale, dont les coûts pourraient, dès 2018, prendre l’ascenseur. Alors que, rappelle la Sonntagszeitung, 30 700 jeunes de 18 à 25 ans vivent déjà de l’aide sociale en Suisse. Et le journal de rappeler la proposition du conseiller d’Etat vaudois Pierre-Yves Maillard: contraindre les parents au devoir d’entretien de leur progéniture sans formation.