Le Temps: Des cantons comme Lucerne, le Valais ou Neuchâtel ont cinq conseillers d'Etat. Est-il indispensable que Fribourg en compte sept?

Jean-Claude Cornu: Ce n'est pas un sujet d'actualité. La nouvelle constitution stipule qu'il doit y en avoir sept. A mon avis, sous réserve des critères de représentation (régions, langues, sexes), on pourrait faire avec cinq conseillers d'Etat. Je pense qu'il existe des directions surdimensionnées (Instruction publique, Finances, Santé et social, Travaux publics) par rapport à d'autres. L'économie, les institutions, la sécurité et la justice pourraient très bien être réintégrées dans des ensembles plus équilibrés.

Anne-Claude Demierre: Je reste à sept conseillers d'Etat. Ceux qui sont en place disent que c'est un emploi à 150%. C'est une tâche lourde, il y a d'importants dossiers dans chaque direction. Il faut pouvoir les absorber et développer des visions dans les différents départements. En outre, pour le canton, il est important que les membres du gouvernement puissent tenir leur rôle de représentation à l'extérieur. Les Fribourgeois apprécient de pouvoir les rencontrer à de multiples reprises, lors de différentes manifestations.

- Les conseillers d'Etat fribourgeois sont connus pour faire beaucoup de représentation. Est-ce indispensable? Doit-il y avoir une norme en la matière?

- A.-C. D.: Il n'y a pas de norme, il faut faire les choses comme on les sent. Personnellement, si je suis élue, je m'efforcerai de remplir au mieux cette fonction. Le peuple, les associations sont sensibles à cette reconnaissance qu'on leur apporte de cette manière. C'est dans ce genre d'occasions qu'on peut écouter les gens et être réceptif à leurs attentes. Pour un magistrat, il est important de garder le contact avec le terrain, la réalité.

- J.-C. C.: Ce n'est pas le rôle premier du conseiller d'Etat, mais c'est un rôle important. Si l'on considère que c'est un travail à 150%, alors je verrais bien les représentations s'ajouter à ce pourcentage. Le traitement des affaires de l'Etat est prioritaire. Mais ce serait une erreur de sous-estimer les rapports qu'il faut continuer d'entretenir avec ses différents partenaires (économie, société civile, communes).