Grütli: l’offre de la Ville rejetée

Genève Les requérants ont refusé un local proposé par les autorités

Scène cocasse, hier, dans une salle de l’Hôtel de Ville à Genève. Une quinzaine de jeunes défenseurs des requérants déboutés devisent ou tapent le carton, assis sur les dalles d’époque. C’est qu’ils avaient dans l’idée de faire d’une pierre deux coups: convoquer la presse et… le Conseil d’Etat. Si la première a répondu, quoique mollement, le second, lui, avait d’autres urgences à l’agenda. Mis au parfum par le ­vice-chancelier, les militants lui en font grief, l’interpellant sur l’ordre de priorités des ministres, à leurs yeux indéfendable. Puis décident de tenir leur conférence de presse en ces lieux et hissent le pavillon «Stop bunkers».

Où l’on apprend d’abord que les requérants déboutés qui ont refusé leur transfert dans un abri PC de Carouge pourront rester encore neuf jours au centre culturel du Grütli qu’ils occupent. Ensuite, qu’ils ont refusé une proposition de la Ville, la jugeant inadaptée. Sous la pression du collectif d’occupation, composé d’associations et de représentants de la gauche, la maire Esther Alder et le conseiller administratif Sami Kanaan ont en effet proposé hier une solution au débotté: un local de quartier dévolu à un club d’aînés, au Seujet, qui aurait pu loger les 50 requérants, en attentant un lieu d’hébergement jusqu’à fin août. «Après discussion entre associations et migrants, il est apparu qu’il était hors de question pour eux d’être transférés pour dix jours seulement, expose Aude Martenot, une militante. Les requérants veulent une assurance pour deux mois. En plus, ce local n’a pas de douches, ce qui est une exigence. Enfin, ils ne sont pas rassurés par la forte présence policière dans ce quartier.»

Devant l’extravagance de la situation, le vice-chancelier appelle les militants à sortir pour tenir conférence ailleurs. «Nous demandions simplement à voir un représentant du Conseil d’Etat», déclare Pablo Cruchon, de Solidarités. Il est douteux que celui-ci goûte la manière.