Les yeux gonflés, Tesfamariam* s’assoit lentement à une table de la cafétéria d’Uni Mail à Genève. Accompagné de Mélissa Llorens, de l’Observatoire romand du droit d’asile et des étrangers, il semble fatigué à l’idée de raconter à nouveau son histoire. «J’ai été emprisonné pendant plusieurs mois parce que j’avais arrêté l’école suite à des problèmes de santé», explique-t-il, en français. «En prison, nous étions plus de 400. Il n’y avait ni toilettes ni fenêtres. Lorsque j’ai pu saisir une occasion, je me suis enfui», ajoute-t-il, avant de s’interrompre, visiblement ému. Mélissa Llorens continue pour lui: «En Erythrée, les gens sont détenus sans procès. Comme aucune ONG ne peut se rendre en prison, nos seules sources proviennent des détenus eux-mêmes.»