Soixante requérants d’asile étaient attendus à l’hôtel Bellevue, au col du Simplon, début juin. Pourtant, la bâtisse est déserte. En mai, quelques jours après l’annonce de l’ouverture de l’hôtel comme hébergement d’urgence, la commune de Simplon-village soulevait divers arguments contre ce projet.

L’ancien président de la commune, Werner Zenklusen, annonçait alors dans la presse que le Bellevue était en zone d’avalanche. «L’hospice du Simplon, habité à l’année par les chanoines, l’est aussi», répond la ministre Esther Waeber-Kalbermatten. «Nous aurions simplement dû élaborer des plans d’évacuation», poursuit-elle. Mais la commune a trouvé une autre parade juridique: le périmètre du col est classé en zone touristique. Il peut accueillir des hôtels et des restaurants mais pas des requérants d’asile. Face à cet argument, la conseillère d’Etat a dû nommer une commission qui se penche actuellement sur cette question.

L’ersatz de La Pinède

La commune n’a pas non plus délivré d’autorisation d’exploiter l’hôtel au propriétaire des lieux, lesquels sont vides depuis deux ans. Le canton, qui a signé un bail pour louer le Bellevue pendant cinq ans, a demandé au propriétaire d’obtenir cette autorisation. Mais cette question est toujours pendante.

«En attendant qu’une solution soit trouvée, les requérants célibataires ont pu être logés à La Pinède, un baraquement militaire à Conthey, que nous comptions de toute façon ouvrir en juin, en même temps que le Bellevue, explique Esther Waeber-Kalbermatten. Les familles ont pu être logées dans des appartements, mais ce n’est pas idéal. Il est préférable de les recevoir d’abord dans un centre où nous pouvons évaluer les situations et leur donner les explications nécessaires. Nous avons de toute façon besoin d’un nouveau centre d’accueil.»

La ministre cherche donc toujours une structure pouvant accueillir 60 personnes. «C’est une taille idéale pour que cela ne coûte pas trop cher en personnel», estime-t-elle. A la fin mars, le Valais comptait 1800 requérants d’asile.