Un terrain de beach-volley, des tables de ping-pong, un skatepark et un toboggan entourés de champs. Le Kinderdorf Pestalozzi est un paradis pour enfants construit lors de la Deuxième Guerre mondiale. La douzaine de maisons traditionnelles en tavillons trône au sommet d’une colline appenzelloise. En ce matin automnal, quelques enfants emmitouflés – des jeunes venus de Serbie dans le cadre d’un échange interculturel – jouent au ballon. Le village pourrait en accueillir bien davantage. Deux maisons, notamment, restent inutilisées. La fondation a proposé de les mettre à disposition des cantons pour loger des requérants mineurs non accompagnés (MNA).

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«Nous pourrions accueillir jusqu’à 20 jeunes par maison, soit une quarantaine au total, dans ce lieu construit pour les enfants», explique Remo Schläpfer, porte-parole de la fondation, en montrant les deux bâtisses qui seront rénovées en début d’année grâce à des fonds privés.

Le Kinderdorf Pestalozzi a entamé les discussions avec les autorités appenzelloises en juillet. Le demi-canton ne compte lui-même pas assez de MNA. Mais ses voisins, plus peuplés, comme Saint-Gall? Ces derniers se plaignent de manquer cruellement de places pour loger tous les requérants mineurs. Jürg Eberle, responsable du Service des migrations du canton, a manifesté son intérêt sur les ondes de la radio alémanique. «Mais nous n’avons pas encore reçu de proposition officielle», précise-t-il.

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Obstacles confédéraux

La fondation ne traite qu’avec le canton d’Appenzell, qui décidera s’il souhaite transmettre l’offre à ses voisins. Elle a été invitée pour un entretien avec les autorités début novembre. Mais les obstacles confédéraux ne manquent pas. «C’est déjà très difficile de faire passer un jeune requérant d’un canton à un autre», observe Elodie Antony, du Service social international. Le Secrétariat d’Etat aux migrations refuse, quant à lui, d’envisager une solution fédérale: la création d’un centre national pour soulager les cantons sur cette paisible prairie. Il répète que l’encadrement des enfants ne relève pas de sa compétence.