Le château s’ouvre aux requérants

Asile L’Eglise peut réaffecter sa vaste propriété de Grolley

Le château de Rosière, situé à Grolley (FR), pourra accueillir des requérants d’asile. La préfecture a donné son feu vert à la réaffectation de cette bâtisse du XIXe siècle, propriété d’une fondation administrée par l’Evêché de Lausanne, Genève et Fribourg. Les autorités communales, qui demandaient une mise à l’enquête, ont donc été éconduites. De même que les 752 pétitionnaires qui souhaitaient un destin plus «noble» pour cette résidence. Le Conseil d’Etat fribourgeois leur a répondu cette semaine de manière plutôt sèche: «Des drames humanitaires se jouent quasiment sous nos yeux. […] Le Conseil d’Etat considère que, dans ces circonstances, la solidarité s’impose, et il constate que ce sentiment s’exprime de plus en plus fortement au sein de la population fribourgeoise.»

Et, comme si ça ne suffisait pas, l’Evêché de Lausanne, Genève et Fribourg s’est aussi fendu d’un communiqué, mardi, rappelant aux opposants que l’Eglise menait également de nombreux projets sociaux destinés à la population suisse. Et d’énumérer les idées qui ont émergé ces dernières années pour utiliser le château de Rosière, sans trouver de soutien concret.

Vice-syndic de Grolley, David Buchs prend acte de ces réponses. «Nous pourrions faire recours au Tribunal cantonal, mais il n’aurait pas d’effet suspensif et je doute de ses chances.» Et d’annoncer que la commune a déjà rendez-vous avec le Conseil d’Etat. Le vice-syndic avoue que l’atmosphère a aussi changé dans son entourage après les images transmises ces derniers jours. «Il me semble qu’il y a une plus grande ouverture», constate-t-il.