Aux yeux de la partie civile, ils méritent tous deux la même et la plus élevée des sanctions pour avoir tué de sang froid un retraité sous les yeux de son épouse affolée. Le Ministère public vaudois s’est montré plus nuancé en requérant la perpétuité contre l’un et 15 ans de peine privative de liberté contre l’autre. Christophe, ex-candidat à Mister Suisse romande, bien qu’étant le cerveau de ce raid meurtrier, a fait preuve d’une certaine sincérité, a collaboré à l’enquête et a exprimé des regrets. Ce comportement mérite, selon le procureur général, un traitement différent. Pour Besnik, qui n’a cessé de nier l’évidence en invoquant les thèses les plus farfelues, le Parquet ne voit aucune raison de faire preuve de clémence. Tout au contraire. «Tous les signaux sont au rouge dans son cas et il faut donc infliger la peine la plus sévère».

A la question centrale de savoir si Besnik est bien le deuxième homme qui semé le désespoir ce matin du 29 décembre 2008 dans cette villa d’Epalinges, le procureur général répond par l’affirmative en s’appuyant sur les éléments accablants du dossier. Il y a les déclarations de la survivante du drame - la veuve brutalisée et confrontée à l’agonie de son mari -, celles de Christophe aussi, dont on ne voit pas pourquoi il inventerait un tel mensonge. Il y a encore les traces ADN relevées sur la veste et le pantalon de Besnik qui attestent d’un contact avec les victimes et les contacts téléphoniques qui démontrent que ce dernier connaissait effectivement son comparse.

Au chapitre de la répartition des rôles, Eric Cottier relève que le Lausannois a bien été le meneur de l’opération. Contrairement à ce qu’avance Christophe, expert dans la minimisation de son rôle, le procureur général estime que celui-ci a bien porté des coups à la victime. Des coups sur tout le coprs et la tête qui ont entraîné la mort. L’issue fatale d’un tel déchaînement de violence sur un vieil homme était une évidence, a renchéri le Parquet pour écarter toute velléité de contester l’intention homicide. Enlever une vie humaine pour se procureur de l’argent, pire, s’acharner sur sa victime parce que le butin semble trop maigre, cela doit être qualifié d’assassinat, a asséné le Ministère public. Un crime parfaitement odieux commis pour un mobile totalement futile. La défense prendra la parole vendredi après-midi.