Un réseau romand en sursis

Anne-Catherine Lyon n’en démord pas. Le RERO, réseau des bibliothèques publiques romandes, doit changer de système informatique. Sinon, les Vaudois quitteront cette plateforme née il y a trente ans, appréciée des chercheurs et bibliophiles en tous genres. Le réseau permet de savoir où se trouve un ouvrage que l’on recherche. Si l’on veut l’emprunter, on peut le faire livrer dans la bibliothèque de son canton, Genève, Fribourg, le Jura, Neuchâtel, le Valais ou Vaud. Outre les fonds universitaires, des collections patrimoniales et judiciaires sont aussi indexées, soit environ 220 bibliothèques.

La ministre vaudoise tonne contre ses partenaires depuis l’année passée. Selon elle et les responsables de la Bibliothèque cantonale et universitaire (BCU) vaudoise, l’outil de RERO, qui avait été inspiré du logiciel de la BCU, est obsolète, ce que d’autres institutions contestent. La querelle porte aussi sur l’élargissement du réseau aux bibliothèques scolaires, que veulent les Vaudois.

Ceux-ci restent dans RERO jusqu’à fin 2016. Mais ensuite, sans accord entre les cantons, ils rompront leur association. Pour Anne-Catherine Lyon, «cela fait des années que nous nous heurtons à un mur», et que même la menace de claquer la porte, «un coup assez fort, n’a pas provoqué d’effet». Ou presque: cette année, un groupe de travail devra proposer des solutions.