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La résistance suisse anti-Trump s’organise

Moins d’un jour après l’annonce de la venue du président américain à Davos, les appels à manifester se multiplient dans les grandes villes suisses. Le mois de janvier pourrait être agité pour les forces de sécurité du pays

A peine Donald Trump a-t-il annoncé sa venue en Suisse pour assister au Forum économique de Davos que ses opposants helvétiques déterraient la hache de guerre. Si l’accès à la station grisonne est bien gardé lors du sommet, qui se tiendra du 23 au 26 janvier, les protestataires de tous bords ne manquent pas d’idées pour signifier leur antipathie au président américain. Tour d’horizon non exhaustif des projets en gestation.

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«Nous n’avons pas besoin d’un clown décoloré»

Présidente suisse des Jeunesses socialistes (JS), Tamara Funiciello est catégorique: «Il est hors de question que nous ne fassions rien alors qu’un tel raciste et sexiste vient chez nous.» Des discussions sont en cours avec les Jeunes socialistes allemands et autrichiens pour organiser une manifestation commune en terres helvétiques, indique la politicienne. Le lieu reste à déterminer, «Davos si possible».

Les JS ont en outre lancé une pétition qui enjoint au Conseil fédéral de refuser l’entrée du président américain sur le territoire: «En Suisse, we don’t grab by the pussy – et nous n’avons pas besoin d’un clown décoloré», tempête le texte intitulé «Trump, you are not welcome!».

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Forum alternatif «féministe, solidaire et militant»

Les JS participeront également à «l’autre Davos», forum alternatif «féministe, solidaire et militant» organisé en signe de protestation les 12 et 13 janvier à Zurich. Le «mouvement pour le socialisme», qui organise l’événement, a lui aussi annoncé une manifestation anti-Trump, le 23 janvier, à Zurich.

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Président de l’ONG Campax, dont l’activité principale est l’organisation de campagnes, Andreas Freimüller appelle également à la résistance. Lancée depuis moins de 24 heures, sa pétition «Trump not welcome – stay out of Davos» avait déjà atteint son objectif de 3000 signatures mercredi après-midi et ciblait maintenant 5000 personnes. Le Zurichois n’en est pas à son coup d’essai: début 2017, il avait déjà réuni plus de 10 000 signatures pour demander au Conseil fédéral de déclarer Trump «persona non grata». S’il n’envisage pas de se déplacer à Davos, une invitation devrait être envoyée aux signataires afin de «former un comité d’accueil à l’aéroport».

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Des protestations prévues samedi à Berne

A Berne, les protestations débutent dès samedi, à l’initiative de Revolutionär.ch. Le collectif, qui appelle à la révolution, à la destruction du capitalisme et ne rechigne pas à la confrontation, y a planifié – sans autorisation – une manifestation anti-WEF depuis décembre dernier. La participation de Donald Trump «permet d’attendre plus de participants», se réjouissent les organisateurs, qui prévoient «d’autres actions ultérieures». Stoïque, la police bernoise confirme «suivre la situation depuis des semaines» et «s’y préparer».

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Et en Suisse romande? Aux antipodes de Davos, aucune manifestation n’est pour le moment prévue pour protester contre la venue de l’homme d’affaires américain. L’association Women’s March, née au lendemain de l’institution de Donald Trump, se réunit toutefois le 21 janvier à Genève, une année jour pour jour après son premier rassemblement. La venue en Suisse de leur ennemi juré pourrait favoriser l’affluence.

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