«Nous ne sommes pas une banque mais nous devons être sauvés.» «Plus de belles paroles, on veut du concret. Rapidement.» «La pression, je ne la bois plus. Je la subis. Help!» Brandissant haut leurs pancartes, une cinquantaine de cafetiers-restaurateurs romands sont venus ce mercredi matin porter leur colère et leur désarroi sur la place Fédérale, alors que de nouvelles annonces du Conseil fédéral sont attendues. «On souhaite que les autorités politiques puissent mettre un visage sur notre branche, qui est paralysée depuis des semaines», raconte la patronne du restaurant La Promenade, à Yverdon-les-Bains.

Egalement cofondatrice du mouvement Afterworkless, qui ambitionne de mobiliser la population autour des cafetiers yverdonnois, Estelle Hardier rappelle les difficultés de son secteur à obtenir les aides financières promises. Actuellement, les entreprises doivent prouver que la perte occasionnée par la crise du coronavirus atteint au moins 40% par rapport à une moyenne pluriannuelle pour prétendre à des dédommagements. «Ce seuil est bien trop élevé, il faut impérativement abaisser la limite. Et puis il faut simplifier les démarches pour toucher les aides. Actuellement, le système change chaque mois», dénonce l’Yverdonnoise.

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Venus essentiellement d’Yverdon-les-Bains et de Neuchâtel, les manifestants romands ont renoncé à fédérer trop large, afin de livrer un message pacifique et sans dérapage. Ainsi, au pied du parlement, les restaurateurs, masqués, se tiennent par grappes afin de ne pas déroger aux mesures sanitaires. Chaussettes en laine, thé chaud et sandwichs doivent leur permettre de tenir jusqu’à l’arrivée des politiciens, en début d’après-midi. Or, faute d’autorisation, les forces de l’ordre mettent prématurément fin à leur contestation. En fin de matinée, les militants sont priés de quitter la place Fédérale, escortés pour certains jusqu’à la gare par les policiers. Juste avant de quitter les lieux, Stéphane Junod, mari de la cuisinière du Mian Fan, à Yverdon-les-Bains, nous glisse: «Si rien n’est fait, nous allons assister à une désobéissance civile toujours plus importante. On n’a pas envie d’en arriver là.» L’appel est lancé.

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