GENEVE

Les «Restos du cœur» ont pansé leurs plaies

La crise vécue en 2013 n’est plus qu’un souvenir. La banque alimentaire a organisé un dîner de gala, dans l’espoir de conquérir les entreprises et d’obtenir des dons

Les «Restos du cœur» ont pansé leurs plaies

Genève L’association Partage fête ses 10 ans

Un dîner de gala pour l’anniversaire de la soupe populaire. Hier soir, le gratin politique genevois, des entreprises et des multinationales s’étaient donné rendez-vous en l’honneur des 10 ans d’existence de Partage. Partage, ou les Restos du cœur version genevoise, Partage ou la banque alimentaire sans but lucratif qui vient en aide aux plus démunis.

La méthode: récolter les invendus et les surplus alimentaires des grandes surfaces, des producteurs et des commerces, les conditionner puis les distribuer. En plus des 120 litres de soupe préparés quotidiennement en hiver. «Nous fournissons plus de 60% des organismes et services sociaux, explique le président de l’association, Serge Bednarczyk. Mais il en faudrait 20% de plus pour couvrir les besoins du canton, car les services sociaux des communes notent une hausse des familles dans le besoin.» Pour ce faire, l’association lorgne le gaspillage alimentaire. Réaliste, puisque ce ne sont pas moins de 25 kilos par résident suisse et par an qui sont jetés.

32 emplois de solidarité

En chiffres, Partage affiche ceci: 1,1 million de francs de fonds privés en 2014 pour 1,6 million de fonds publics (canton, Ville et communes), quatre camions et 40 triporteurs électriques pour récolter et distribuer 900 tonnes de denrées provenant de 240 entreprises, pour un total de 6 millions de francs. Et surtout, 32 personnes en emploi de solidarité (EdS).

Une vitesse de croisière qui n’a pas été atteinte sans pannes. En 2013, une grève emmenée par les syndicats paralysait l’association, attaquée sur sa gestion du personnel et sur des salaires jugés indécents. «Certes, les salaires des EdS [ndlr: compris entre 3225 et 4225 francs mensuels] ne sont pas ceux du marché primaire du travail, car sinon, ils ne seraient pas incitatifs à retourner en emploi», explique le conseiller d’Etat Mauro Poggia. La crise avait débouché sur le licenciement de 17 personnes. Contre-productif, puisque «quelque temps plus tard, les syndicats eux-mêmes demandaient que ces personnes puissent retrouver leur emploi, raconte Mauro Poggia. Preuve que le chômage n’était pas une alternative valable.»

L’association assure avoir tiré les leçons de cette crise, «même si les rapports du Conseil d’Etat nous ont blanchis», note le président. Au final, la fronde syndicale n’aura eu pour effet que l’engagement d’un responsable des ressources humaines pour gérer la trentaine de personnes en emploi de solidarité. Et la perte de certains contrats. Un parfait autogoal. Mais c’est vers le futur que Partage se tourne désormais. Il a commencé hier soir au dîner de gala, où l’association espérait des dons en mesure de régaler encore les plus démunis. Une décennie, et plus encore.

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