Au deuxième étage du parlement fédéral, dans la salle 287 pour être précis, la Commission des transports et des télécommunications du Conseil des Etats se réunissait ce lundi. Au programme du jour, l’acheminement souterrain de marchandises, des questions de commerce fluvial mais aussi la stratégie de digitalisation du service public suisse et, plus polémique, les graves dysfonctionnements en son sein révélés en octobre dernier par Le Temps.

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L’avalanche de plaintes ralentit le processus

Face aux parlementaires, Gilles Marchand, directeur de la SSR, Pascal Crittin, directeur de la RTS, Nathalie Wappler, directrice de la SRF, ou encore Jean-Michel Cina, président du conseil d’administration du service public suisse. Par l’intermédiaire de plusieurs sources concordantes, Le Temps a appris que la direction avait d’elle-même abordé la thématique qui fâche, dont il n’y eut qu’un porte-parole: Jean-Michel Cina. L’ancien directeur de la RTS Gilles Marchand ne se serait pas exprimé sur le sujet. C’est pourtant sous son règne, entre 2001 et 2017, que se sont déroulées la plupart des allégations de harcèlement sexuel ayant mené à la suspension de deux cadres en novembre dernier et à la récusation de Bernard Rappaz, le chef de l’Actualité TV romande.

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Durant l’audition, la direction aurait assuré avoir compris qu’il fallait changer la culture d’entreprise et former les cadres pour aller vers l’apaisement. Elle aurait aussi souligné vouloir aller vite – plusieurs employés ne pouvant pleinement reprendre le travail jusqu’à ce que les investigations en cours ne livrent leurs secrets. Selon les conclusions de ces dernières, elle aurait aussi promis de sanctionner ceux qui devraient l’être.

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La sentence devrait tomber dans le courant du mois de février, ont appris les parlementaires, sans davantage de précisions. Vu l’avalanche de collaborateurs ayant pris contact avec la cellule chargée d’enquêter sur les dysfonctionnements internes, l’enquête prend en effet du temps. Le délai est annoncé pour le mois prochain, toutefois, soulignent nos sources, il est probable qu’il soit un peu dépassé. Suite aux révélations du Temps, environ 200 employés se sont manifestés auprès du cabinet d’avocat mandaté par l’entreprise pour recueillir leurs griefs.