Prévue pour le 6 avril prochain, la publication du rapport intermédiaire de la Commission Bergier sur le commerce de l'or nazi sera repoussée de huit à douze semaines, selon son secrétaire général, Linus von Castelmur. Le Conseil fédéral a en effet fait savoir jeudi dernier à la commission que seul un texte rédigé simultanément dans les trois langues nationales et en anglais peut être publié. Or, seul le texte allemand est prêt en l'état.

«Le texte est bon et substantiel», s'étonne Linus von Castelmur tout en regrettant la décision du gouvernement. A l'administration fédérale, on s'étonne tout autant que les membres de la commission n'aient pas pensé à la question des traductions. Berne se soucie en particulier de la version anglaise afin d'éviter tout malentendus, notamment dans les médias américains, comme cela a déjà été le cas pour la Fondation de solidarité lors de sa création.

Ce rapport complet sur l'or comportera 280 pages, et précisera les 20 pages de statistiques sur le sujet qui avaient été présentées à la Conférence de Londres sur l'or nazi en décembre dernier. Jean-François Bergier a déjà laissé entendre qu'il pourrait apporter des nouveaux éléments. Ce pourrait être notamment le cas en ce qui concerne la connaissance des dirigeants de la Banque Nationale Suisse (BNS) sur l'origine de l'or qu'elle achetait à la Reichsbank durant la guerre. Or c'est en partie sur la base de ce rapport que pourrait s'appuyer une nouvelle plainte collective américaine contre la BNS. Celle-ci a été annoncée également jeudi dernier, en marge de la réunion de New York durant laquelle un nouvel accord a été conclu entre les grandes banques suisses et les milieux juifs. Seules des raisons techniques expliquent ce retard et non pas le contexte politique, assurait-on hier à la task force. La BNS ne souhaite pas commenter ce retard.