Genève

Retour en classe pour les directeurs d’école primaire

La Cour constitutionnelle a rejeté le recours des directeurs d’établissements primaires qui refusaient de consacrer une partie de leur temps à enseigner. Ils vont faire recours au Tribunal fédéral

La Cour constitutionnelle a sonné la fin de la récréation pour les directeurs genevois d’école primaire, en rejetant leur recours. Désormais, ils seront contraints de consacrer une partie de leur temps à enseigner, comme en avait décidé le Grand Conseil. Une réalité qui devra toutefois être confirmée, l’Association genevoise des directeurs d’établissements primaires (AGDEP) annonçant un recours au Tribunal fédéral.

En 2012, le Parlement genevois adopte une motion de l’UDC demandant que les directeurs du primaire enseignent à 50%. Elle argue que le travail de terrain ne saurait nuire à l’exercice de leur tâche, tout au contraire, et que cela serait un coup de pouce bienvenu pour les enseignants. Une exigence allégée par la suite, lors de l’étude du projet de loi sur l’instruction publique (LIP): au lieu du mi-temps, les directeurs devront consacrer «une partie de leur temps à l’enseignement», pour des cours d’appui par exemple. Car, entre-temps, leur nombre a fondu, passant de 93 à 58.

L'Etat prend acte

Pour autant, les directeurs s’opposent à cette idée, au motif que le Parlement aurait violé leur droit d’être entendu. Mais la Chambre constitutionnelle vient de doucher leur espoir. Elle estime suffisant que l’association ait été entendue dans le cadre de l’examen du projet de la motion. Ce qui ne convainc pas ses avocats, Romain Jordan et Thomas Barth: «Opposer aux directeurs le fait qu’ils auraient été entendus, il y a deux ans, dans le cadre d’une motion pour justifier le caractère impromptu et empressé de l’adoption du projet de loi est pour le moins contestable.»

De son côté, le député PLR Jean Romain se réjouit de cette victoire: «La Cour rappelle qu’il appartient au Grand Conseil de faire des lois et qu’il n’y a pas lieu de s’en émouvoir!» Un avis que la conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta est loin de partager: «Les directeurs sont responsables d’effectifs d’élèves se situant entre 450 et 800 individus. Initialement au nombre de 93, nous sommes passés au nombre de 58 établissements scolaires. C’est une augmentation de charge considérable. Raison pour laquelle je n’ai jamais été favorable à l’enseignement des directeurs. Mais le DIP prend acte de la décision de justice, qui concerne une décision du Grand Conseil, et s’y conformera.»

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